Parabole : TOUT HOMME est à un PERPÉTUEL CARREFOUR
Bienheureux ceux qui sont fermes et généreux dans la volonté de suivre les chemins du Bien.
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dieppk
Jésus dit : "
Écoutez une parabole.
Un groupe de pèlerins, venus de régions lointaines pour chercher du travail, se trouva aux frontières d'un état.
A ces frontières, il y avait des embaucheurs envoyés par divers patrons.
Il y en avait qui cherchaient des hommes pour les mines et d'autres pour des champs et des bois, d'autres comme serviteurs d'un riche infâme, d'autres comme soldats pour un roi qui résidait au sommet d'une montagne, dans son château auquel on accédait par une route très abrupte.
Le roi voulait avoir des milices, mais il exigeait qu'elles ne fussent pas tant des milices de violence que de sagesse, afin de les envoyer ensuite dans les villes pour sanctifier ses sujets.
Aussi il vivait là-haut, comme dans un ermitage, pour former ses serviteurs sans que les distractions mondaines les corrompent en ralentissant ou en anéantissant la formation de leur esprit.
Il ne promettait pas de grandes récompenses.
Il ne promettait pas une vie facile, mais il donnait l'assurance que de son service sortirait sainteté et récompense.
Ainsi parlaient ses envoyés à ceux qu'ils rejoignaient aux frontières.
De leur côté, les envoyés des patrons des mines ou des champs disaient :
"Ce ne sera pas une vie facile, mais cependant vous serez libres et vous gagnerez de quoi vous payer un peu d'amusement".
Ceux qui cherchaient des serviteurs pour le maître infâme promettaient tout de suite une nourriture abondante, des loisirs, des jouissances, des richesses :
II suffit que vous consentiez à ses caprices exigeants – oh ! nullement pénibles ! - et vous jouirez comme autant de satrapes".
Les pèlerins se consultèrent entre eux.
Ils ne voulaient pas se séparer...
Ils demandèrent : "Mais les champs et les mines, le palais du jouisseur et celui du roi sont-ils voisins ?"
"Oh ! non ! répondirent les embaucheurs. Venez à ce carrefour et nous vous montrerons les différentes routes".
Ils y allèrent.
"Voilà !
Cette route splendide, ombragée, fleurie, plane, avec des sources fraîches, descend au palais du seigneur" dirent les embaucheurs de serviteurs.
"Voilà !
Celle qui est poussiéreuse, à travers des champs paisibles, conduit aux champs.
Elle est exposée au soleil, mais vous voyez qu'elle est belle malgré tout" dirent les embaucheurs pour les champs.
"Voilà !
Celle ainsi sillonnée par de lourdes roues et couverte de taches sombres indique la direction des mines.
Elle n'est ni belle ni désagréable..." dirent ceux qui embauchaient pour les mines.
"Voilà !
Ce sentier abrupt, taillé dans le roc, brûlé par le soleil, couvert de ronces et coupé de ravins qui ralentissent la marche, mais en revanche rendent la défense facile contre les attaques des ennemis, conduit vers l'orient, à ce château sévère, nous dirions sacré, où les esprits se forment au Bien" dirent les embaucheurs du roi.
Et les pèlerins regardaient, regardaient.
Ils calculaient...
Tentés par plusieurs choses dont une seule était totalement bonne.
Lentement ils se divisèrent.
Ils étaient dix : trois penchèrent pour les champs... et deux pour les mines.
Ceux qui restaient se regardèrent et deux d'entre eux dirent :
"Venez avec nous chez le roi.
Nous n'aurons pas de gros gains et nous ne jouirons pas sur la terre, mais nous serons saints pour toujours".
"Ce sentier-là ?
Nous serions fous !
Pas de gains ?
Pas de jouissance ?
Ce n'était pas la peine de quitter tout et de venir en exil pour avoir encore moins que ce que nous avions dans notre patrie.
Nous voulons gagner et jouir..."
"Mais vous perdrez le Bien éternel !
N'avez- vous pas entendu que le maître est un infâme ?"
"Fariboles !
Après quelque temps nous le quitterons, mais nous aurons joui et nous serons riches".
"Vous ne vous en libérerez plus.
Les premiers ont mal fait de suivre l'attrait de l'argent.
Mais vous ! Vous suivez l'attrait du plaisir.
Oh ! n'échangez pas contre une heure qui fuit votre sort éternel !"
"Vous êtes des imbéciles de croire à des promesses idéales.
Nous, nous allons vers la réalité. Adieu !..."
Et ils prirent vivement la belle route ombragée, fleurie, avec ses sources fraîches, régulière au bout de laquelle brillait au soleil le palais magique du jouisseur.
Les deux qui restaient prirent en pleurant et en priant le sentier escarpé.
Après quelques pas, ils faillirent se décourager tant il était difficile.
Mais ils persévérèrent.
Et la chair se faisait de plus en plus légère à mesure qu'ils avançaient.
La fatigue se trouvait allégée par une jubilation étrange.
Ils arrivèrent haletants, égratignés, au sommet de la montagne et ils furent admis en présence du roi.
Il leur dit tout ce qu'il exigeait pour faire d'eux des preux et il dit pour finir :
"Pensez-y pendant huit jours et ensuite répondez".
Ils réfléchirent beaucoup et soutinrent de durs combats contre le Tentateur qui voulait les effrayer, avec la chair qui disait :
"Vous me sacrifiez", avec le monde dont les souvenirs les séduisaient encore.
Mais ils vainquirent. Ils restèrent. Ils devinrent des héros du Bien.
Arriva la mort, c'est-à-dire la glorification.
Du haut des Cieux, ils virent dans l'abîme ceux qui étaient allés chez le patron infâme.
Enchaînés aussi au-delà de la vie, ils gémissaient dans l'obscurité de l'Enfer.
"Et ils voulaient être libres et jouir !" dirent les deux saints.
Les trois damnés les virent et, effrayants, les maudirent, maudirent tout, Dieu pour commencer, en disant :
"Vous nous avez tous trompés !"
"Non, vous ne pouvez pas le dire. On vous avait dit le danger. Vous avez voulu votre mal" répondirent les bienheureux conservant leur sérénité même en voyant et en entendant les railleries obscènes et les obscènes blasphèmes lancés contre eux.
Ils virent aussi ceux des champs et des mines en diverses régions du Purgatoire et eux aussi les virent et leur dirent :
"Nous n'avons été ni bons ni mauvais, et maintenant nous expions notre tiédeur. Priez pour nous !"
"Oh ! nous le ferons ! Mais pourquoi donc n'êtes-vous pas venus avec nous ?"
"C'est que nous n'avons pas été des démons mais des hommes... Nous avons été sans générosité.
Nous avons aimé ce qui passe, bien qu'honnête, plus que ce qui est Éternel et Saint.
Maintenant nous apprenons à connaître et à aimer avec justice".
La parabole est finie.
Tout homme est au carrefour, à un perpétuel carrefour.
Bienheureux ceux qui sont fermes et généreux dans la volonté de suivre les chemins du Bien.
Que Dieu soit avec eux, et que Dieu touche et convertisse ceux qui ne sont pas ainsi et les amène à l'être.
Allez en paix."

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