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AUTOUR DE MINUIT

EMISSION AUTOUR DU JAZZ

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Au programme le nouvel album du guitariste belge JeanFrançois Prins "Blue Note Mode" enregistré à New York. “Une véritable ‘voix’ à la guitare avec une chaleur toute personnelle ” JOE LOVANO

“Le jeu de guitare étourdissant de Jeanfrançois Prins est égalé par ses arrangements” JAZZ TIMES

“Jeanfrançois Prins joue en direct de son coeur…” FRED HERSCH

“Il existe en Belgique une grande tradition de la guitare de jazz, représentée successivement par Django Reinhardt, René Thomas, Toots Thielemans, Philip Catherine, et maintenant par Jeanfrançois Prins.” KNACK – DE MORGEN

 

Jeanfrançois Prins est devenu le guitariste belge de jazz le plus international. Leader, accompagnateur et soliste invité très demandé, après avoir passé la majeure partie de sa carrière entre New York et Berlin, Jeanfrançois est récemment revenu à ses racines : Bruxelles, où il a également repris le label familial, GAM Records. Il partage sa musique poétique et passionnée au quotidien dans de nouveaux projets, collaborant avec des chanteurs et des instrumentistes.

Il aime l’improvisation-prise de risques, et l'interaction organique. Sa fusion lyrique de romance et de guitare qui groove est influencée par ses rencontres avec la World Music, le Latin Jazz, la Chanson française, le classique contemporain, l'Avant-Garde et la Pop.

 

Jeanfrançois Prins est un conteur mélodique. Son vocabulaire couvre l’histoire de la guitare jazz. Il a un son et un style immédiatement reconnaissables, où la mélodie est ce qui compte, que le contexte soit détendu ou aventureux.

 

Fils de disquaires, petit-fils de producteur de jazz (enregistrements de Django Reinhard en 1942 entre autres), Jeanfrançois Prins a passé sa vie d'adulte comme musicien professionnel, compositeur, arrangeur et producteur - jouant, enregistrant et collaborant avec de nombreux géants du jazz d'aujourd'hui. Il a donné des cours d'instrument et des classes dans les universités de musique de Berlin, où il a dirigé les départements de guitare jazz pendant plusieurs années, et à l'université de jazz ARTEZ à Enschede, en Hollande, pendant un an. Il donne des workshops et des master-classes internationalement, communiquant avec enthousiasme sa passion pour cette musique expansive aux nouvelles générations de musiciens. 

 

Jeanfrançois a plusieurs projets en cours en tant que leader. Avec son "Blue Note Mode", il rend hommage aux années 60 sophistiquées, mais profondément imprégnées de blues et de groove du légendaire label, avec une perspective du 21e siècle. Son "Rio de Jazzeiro" est sa déclaration d'amour à la musique brésilienne. "All Strings Attached" met en scène son trio et un quatuor à cordes classique, qui interprètent ses compositions et arrangements originaux. "Blade Runner" présente ses arrangements et compositions dans l'atmosphère palpitante d'un "film noir" contemporain, avec un violoncelle et un quartet groovy avec Rhodes et électronique. D'autres projets personnels incluent "Wayne, Monk, & moi", "Road Movie", et "Tribute to Jazz Guitar Masters". Il co-dirige également un 4tet avec le saxophoniste américain Andy Middleton, ainsi qu'un quintet belge All Stars "Tribute to Miles Davis" avec le trompettiste Richard Rousselet. Il a fait une tournée européenne fin 2014, et début 2015 avec le quartet du saxophoniste Ulli Jünemann à NYC avec Le bassiste magistral Jay Anderson, et les batteurs extraordinaires Adam Nussbaum et Gene Jackson.

 

Jeanfrançois Prins a enregistré sept CDs en tant que leader, et une cinquantaine en tant que soliste invité. 

 

Les compositions et chansons de Jeanfrançois Prins sont souvent jouées et enregistrées, non seulement par ses propres groupes, mais aussi par plusieurs autres musiciens européens et américains. Jeanfrançois écrit également des musiques originales pour des bandes originales de films ainsi que pour la télévision (par exemple pour la chaîne Discovery Channel en 2000, et le court-métrage "Coriolis" en 2008).

 

Jeanfrançois a récemment été sollicité par O'Celli, un octuor de violoncelles belge, pour composer, arranger, puis interpréter plusieurs morceaux avec eux.

Jeanfrançois Prins s’est produit en tant que leader et/ou sideman avec entre-autres Toots Thielemans, Lee Konitz, Kenny Wheeler, Judy Niemack, Gary Bartz, John Ruocco, Bill Evans, Archie Shepp, Julian Priester, Randy Brecker, Gerard Presencer, Tim Hagans, Till Brönner, Clark Terry, Jim McNeely, Kirk Lightsey, Walter Norris, Fred Hersch, Kenny Werner, Michel Herr, Stephen Scott, Danny Grissett, Mal Waldron, Alan Broadbent, Dan Tepfer, Julia Hülsmann, Eddie Gomez, Jay Anderson, Scott Colley, Rufus Reid, Drew Gress, Michel Benita, Michel Hatzigeorgiou, Dennis Irwin, Hein Van de Geyn, Ricardo del Fra, Steve Rodby, Ray Drummond, Bruno Castellucci, Adam Nussbaum, Joe La Barbera, Billy Hart, Victor Lewis, John Betsch, Al “Tootie” Heath, Gene Jackson, Café, Luis Ribeiro, Pandit Sankha Chatterjee, Quincy Jones, Peter Herbolzheimer, Jay Clayton, Sacha Distel, Darmon Meader, the New York Voices, Sheila Jordan, Norma Winstone, Theo Bleckmann, Bob Dorrough, Sarah Lancman, Sangeeta Bandyopadhyay, Erwin Schrott, Beethova Obas, Lisa Werlinder, Ivan Lins, Michel Legrand, Henri Salvador, the New York Voices, Patti Austin, … en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Amérique Latine. 


Egalement le nouvel album du trio Yes "Spring Sings" . 

Le Yes! Trio, rappelons-le, réunit trois musiciens que peu de choses prédisposaient à se rencontrer et à s’entendre : un batteur, Ali Jackson Jr., fils de jazzman converti à l’islam qui enregistra avec John Coltrane, issu d’une famille africaine-américaine de musiciens de Detroit ancrée au cœur de l’histoire du jazz, repéré à 12 ans par Wynton Marsalis en personne comme une pépite de batteur, formé par Oliver Jackson alias Bop’s Jr. (son oncle), Max Roach et Elvin Jones, qui fut pendant plus d’une décennie la cheville ouvrière du Jazz At Lincoln Center Orchestra, le navire amiral de Marsalis ; un contrebassiste israélien, Omer Avital d’ascendances yéménite et marocaine, idéaliste et hippie, qui s’expatria par amour du be-bop aux Etats-Unis tout en se nourrissant d’allers-retours sur sa terre natale où il a assimilé les traditions musicales du Maghreb et du Proche Orient, appris à jouer du oud et cofondé le groupe Yemen Blues; un pianiste de Boston, Aaron Goldberg né dans une famille juive intellectuelle, de parents scientifiques, ayant fini par se consacrer au jazz au terme, pourtant, d’études brillantes à l’université de Harvard dont il est diplômé en Histoire et Science de l’esprit, démocrate affiché et esprit aiguisé.

Ces trois destinées ont convergé au début des années 1990 à New York, dans un club en sous-sol, Smalls, qui fut pour toute une génération un véritable foyer créatif. A la tête de différentes formations, en particulier un septet à quatre saxophones, Omer Avital fut l’un des piliers du lieu. Ali Jackson y a traîné ses cymbales à maintes reprises ; Aaron Goldberg s’y rendait pendant l’été, dès qu’il quittait les bancs de sa prestigieuse université. C’est dans cette émulation d’une génération avide de jouer le jazz, au contact tout aussi bien de la nouvelle vague de musiciens que des grands créateurs de cette musique alors encore en vie, que ces trois musiciens ont noué leur amitié. Leur trio est né de ces rencontres innombrables, des bœufs au cœur de la nuit, de cette communauté d’esprit qui voulait garder la flamme du jazz vivante, en prolongeant le geste de ses ainés. Il continue de vivre de cette fougue, de cet amour du swing, de cette soif de jouer qui ont irrigué leur jeunesse. Plus fort que leurs différences, leur attachement au jazz a soudé leur rythme intérieur, a forgé leur esprit de corps, et a assis l’autorité avec laquelle ils jouent cette musique. Une autorité de maîtres, qui tient autant aux leçons des anciens qu’à la capacité à les adapter à leur siècle. 

“Sprins Sings” n’illustre pas autre chose. Ce disque (le troisième que le trio ait enregistré) fait entendre trois musiciens en parfaite osmose, qui respirent ensemble, s’écoutent et se complètent, mènent avec subtilité cet art de la conversation qui est au cœur du jazz. Ils inventent de la musique, ils la chérissent autant qu’ils jouent avec elle. Leur musique est animée par la pulsation vitale du swing mais elle s’en échappe parfois pour se marier aux claves latines ou frayer avec les mètres impairs. La précision des architectures à la Ahmad Jamal y voisine avec l’esprit vif argent de Chick Corea ; le shuffle de la Blues March des Messengers resurgit au cœur des tambours avec un drive irrésistible ; deux grands standards nous rappellent l’attachement de ces musiciens à ces mélodies intemporelles et leur capacité à inlassablement les remodeler ; l’Orient se dessine au loin, telle une rêverie ellingtonnienne, quand ce ne sont pas les harmonies de Claude Debussy qui viennent iriser une mélodie ; les balais se font caresses d’une chanson aux accents de saudade ; les glissando de contrebasse sont des traits d’esprit d’un conteur sans pareil ; une seule note de piano répétée (leçon de Monk) suffit parfois à nous tenir en haleine ; le tambourin est le signal qui nous entraîne vers les ultimes réjouissances d’un album qui ne cède à aucune facilité et ne se prive jamais d’être heureux.

Comment pourrions-nous ne pas aimer le Yes ! Trio ?

 

Et enfin hommage au guitariste Christian Escoudé qui nous a quitté le 13 mai dernier. 

Figure légendaire du jazz manouche, le guitariste Christian Escoudé s’est frotté à d’autres styles, le bop en particulier, et a collaboré avec des musiciens aussi prestigieux que Michel Portal ou Charlie Haden. Il est mort ce 13 mai, à l’âge de 76 ans. 

Né en 1947 d’un père tzigane et d’une mère charentaise, Christian Escoudé évolua très tôt dans le milieu manouche et s’empara tout aussi vite d’une guitare, son père jouant lui-même de cet instrument. Loin de copier scolairement les plans de Django Reinhardt, il s’ouvre vite à d’autres styles de jazz, notamment au bop. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir, en 1975, le prix Django-Reinhardt de l’Académie du jazz. Sa carrière est désormais lancée. Homme d’une modestie irréprochable, aussi peu enclin à l’égotisme ou à l’invention de sa propre hagiographie qu’il pouvait être brillant musicien, il devait plus tard commenter ainsi cet instant décisif pour lui : « Je ne sais pas… L’Académie du jazz s’est réunie, comme elle le fait toujours, et puis ils ont voté et puis j’ai été choisi, voilà. » Il se distingue pourtant déjà par ses dons de mélodiste, son ouverture d’esprit, un son volontiers « gras » et généreux et des idées à profusion, enchaînées au fil de l’improvisation. 

Régulièrement invité à se produire dans de nombreux festivals, Christian Escoudé fréquente dès la fin des années 1970 le gratin des musiciens européens (Michel Portal, Martial Solal, Aldo Romano…) comme américains (Bill Evans, Stan Getz, Elvin Jones…). Avec Charlie Haden et John Lewis, le pianiste du Modern Jazz Quartet, il enregistre des albums entiers (respectivement Gitane et Mirjana), privilège rarement accordé à un musicien français. Escoudé semble séduire tout le monde. Mais s’il ne refuse jamais le dialogue avec d’autres guitaristes (ainsi Philip Catherine ou John McLaughlin), c’est à ses amitiés manouches qu’il revient toujours. En 1985, il fonde ainsi un premier « Trio gitan » avec Babik Reinhardt (fils de Django) et Boulou Ferré (fils du génie de la guitare tzigane Matelot Ferret). Bien qu’il ne soit pas du genre à jouer des coudes, son âge, sa classe artistique et ses faits d’armes le désignent naturellement comme un leader de ce style si particulier, dont il anticipe le renouveau au début des années 2000.

Pourtant, quand quantité de jeunes guitaristes se penchent de nouveau sur les grilles harmoniques de Django, Escoudé, loin de se contenter de veiller sur l’héritage, explore encore de nouveaux territoires, la chanson française avec Brassens (dans Au bois de mon cœur) ou la musique religieuse avec une Messe exécutée, en 2023, en la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême, avec l’organiste Frédéric Ledroit. L’une de ses œuvres les plus importantes restera A Suite for Gypsies, dédiée, comme il l’écrivait dans les notes de l’album, aux « milliers d’enfants tziganes morts dans les camps de concentration nazis. La plupart des Gitans étaient arrivés par familles entières et ces camps furent appelés “camps de famille” ou “camps tziganes” (Zigeunerlager). Puisse la musique devenir une prière pour les âmes de ces enfants. » 

En plus de cinquante ans de carrière, Christian Escoudé aura su à la fois faire évoluer la guitare tzigane et cultiver une curiosité qui n’avait rien d’opportuniste et témoignait d’une grande intégrité artistique. Dans l’une de ses dernières interviews, il confessait à demi-mot éprouver parfois de l’ennui à l’écoute des dernières tendances du jazz. Mais c’était pour louer aussitôt la grande valeur de musiciens comme Ambrose Akinmusire, Mark Turner ou Bill Frisell. C’était plus fort que lui : Escoudé ne voyait pas le mal, il ne l’intéressait pas. « Malgré tout, c’est une chance formidable de pouvoir pratiquer la musique professionnellement, affirmait-il. Quel que soit le style de musique qu’on joue, c’est quelque chose d’extraordinaire. »

 

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