Jump to content

Parole et Musique Environnement

Play
Season 3, episode 10
1 hr 3 min / Published

L’environnement dans la musique

Cette petite planète qui a su inspirer les artistes, musiciens et écrivains à travers ses éléments, ses animaux, ses plantes, ses saisons … est actuellement grandement menacée en grande partie par l’activité humaine. Et en cette période d’agitation politique, elle me paraît un peu oubliée par les hommes. Aujourd’hui je vous propose donc une émission Parole et Musique majoritairement musicale sur le thème de la nature et de l’environnement. Commençons tout de suite par une chanson militante américaine récente de 2013 :

1)    Don’t frack my mother, littéralement "ne fracture pas ma mère

une chanson américaine de 2013 de Yoko Ono et son fils, Sean Lennon, accompagnés des Artists Against Fracking Present , chanson de lutte contre le processus d'extraction des gaz de schiste par la fracturation hydraulique (fracking en anglais) qui s'inscrit dans la lignée des grandes "protest songs"  des années 60-70, chantées par Bob Dylan ou Joan Baez. 

"My mother", "ma mère", c'est bien sûr "ma mère, la Terre", notre planète, pour la protection de laquelle les artistes s'engagent aujourd'hui, après avoir lutté pour l'égalité des droits et pour la paix. Cos’ we have no other : nous n’en avons pas d’autre !

Déjà au XIXème siècle, à l’ère de la Révolution industrielle dans une Europe enthousiaste du progrès technique, certains auteurs tiraient déjà la sonnette d’alarme : Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), naturaliste évolutionniste français, écrit en 1820 : « On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le monde invivable. »

L’écrivaine George Sand écrit elle dans Le Temps en 1872 : « Il y a un grand péril en la demeure, c’est que les appétits de l’homme sont devenus des besoins (…) et que, si ces besoins ne s’imposent pas une certaine limite, il n’y aura plus de proportion entre la demande de l’homme et la production de la planète. (…) Je sais bien que beaucoup disent :

«  Après nous, la fin du monde ! » C’est le plus hideux et funeste blasphème que l’homme puisse proférer… C’est la formule de sa démission d’homme, car c’est la rupture du lien qui unit les générations et qui les rend solidaires les unes aux autres. »

D’ailleurs bien avant eux dans tous les textes fondateurs que ce soit L’épopée de Gilgamesh, le mythe gréco-romain de Deucalion et Pyrrha ou le mythe de Noé dans la Bible et le Coran, on trouve cette idée de déluge catastrophe naturelle qui punit l’orgueil des hommes.

L’arche de Noé insiste sur le lien homme et animaux qui se retrouvent sur le même bateau.

N’oublions pas que le mot écologie inventé par un poète américain Henry David Thoreau en 1854 et par un zoologiste allemand Ernst Haeckel en 1866 (apparu en français en 1874). vient de oikos = en grec la maison, c’est donc la science de notre maison.

Mais c’est au XXème siècle après les 2 GM et quand les 1ers effets de la pollution ont commencé à se faire sentir, dans les années 60 que des chanteurs précurseurs ont commencé à nous alerter. En 1964, Bob Dylan, notre Prix Nobel de littérature 2017, écrit et chante:

2) The time they are a changing.

La même année, Jean Ferrat avec La Montagne est réellement visionnaire : il dénonce déjà l'exode rural, la malbouffe et encense le retour à la terre, alors que les Trente Glorieuses battent leur plein et que les Français découvrent les meubles en Formica et les poulets élevés en série comme autant de "progrès". A propos de progrès, Boris Vian avait devancé tout le monde en 1956 avec sa Complainte du progrès. Mais voici La Montagne de Jean Ferrat :

3) La Montagne

Au début des années 70, une prise de conscience mondiale des dangers de la pollution et des menaces sur la biodiversité commence à germer et à s’organiser.

En 1971 : Fondation de l’association de défense de la nature Greenpeace au Canada. Le Club de Rome (association privée internationale créée en 1968) publie Halte à la croissance. En 1972 a lieu le 1er sommet (conférence mondiale) de la Terre à Stockholm, où nait le concept d’écodéveloppement.

Les artistes ne sont pas en reste. En France, Jacques Dutronc chante Le petit jardin et Georges Brassens Auprès de mon arbre. Aux Etats-Unis, Cat Stevens se demande où vont jouer les enfants dans

4) Where do the children play .

Dans les années 80 : le trou dans la couche d’ozone en Antarctique est mis en évidence.

Après un Sommet de la Terre raté à Nairobi (Kenya) en 1982 car snobé par les Américains, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986 va sans doute ranimer les consciences

En 1987 on trouve la 1ere définition du « sustainable development » dans le rapport Notre Avenir à tous de Mme Brundtland, 1er ministre en Norvège et présidente de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement : " un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". En français, développement durable il implique 3 dimensions : sociale, économique et environnementale.

Et en 1992 : 2è sommet de la Terre à Rio est un succès : adoption de la Convention de Rio, avec le principe de précaution, l’Agenda 21 : actions pour le XXIème siècle.
Et le développement du commerce solidaire (ou équitable, éthique. Fair trade en anglais)

En 1988, le groupe australien Midnight Oil tire la sonnette d’alarme :

5) Beds are burning

Nos lits sont en train de brûler nous prévenait en 1988 le groupe australien Midnight oil. Cela me fait penser aux discours de Jacques Chirac  au  Sommet de la Terre à Johannesbourg en 2002 (Rio + 10). « La maison brûle et nous regardons ailleurs. (…) Prenons garde que le XXIè siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime contre l’humanité. »

Auparavant, en 1997, la Conférence de Kyoto a obtenu des avancées sur le changement climatique, avec le protocole de Kyoto sur les réductions d’émissions de CO2, ratifié en 2002 par la France et la Chine, en 2004 par la Russie, mais toujours pas ratifié par les USA. Pourtant en 1995 même  la star mondiale Michael Jackson s’était engagé pour la terre dans son fameux album HIStory avec  une power ballad ou ballade rythmée, sa meilleure vente en Angleterre : 6) Earth song (chanson de la Terre appelée aussi What about us Et nous ?).

6) Earth song 1995

En 1998, c’est le groupe français  Tryo qui entonne L’Hymne de nos campagnes :

7) Tryo L’Hymne de nos campagnes 1998

En 2002 comme je l’ai déjà dit c’est le Sommet de la Terre à Johannesbourg (Rio + 10). Et le discours de J. Chirac.

Le groupe Mickey 3 D s’impose lui sur la scène francophone en 2003 avec son tube  Respire en 2003. Qui n’est pas très réjouissant. Et en 2005, le groupe québécois Les Cowboys fringants frappe encore plus fort avec son tube qui me fait penser à ce roman de Rosny Ainé auteur franco-belge précurseur de la SF,

en 1912 : La mort de la terre dont le titre veut tout dire comme celui des Cowboys fringuants : Plus rien

Dans les années 2000, l’écologie ou plutôt le développement durable (qui est entré en 2004 dans les programmes de l’Education Nationale) devient un thème de plus en plus important et récurrent, notamment dans la littérature (la SF) et la chanson :

En 2006-2007, Yannick Noah chante accompagné par une chorale d’enfants Aux arbres citoyens (« Notre histoire prend l’eau »), Ridan a la même idée de faire intervenir une chorale de jeunes avec Objectif Terre :

« Elle pleure elle pleure elle pleure ma planète, elle sent que sa fin est proche ça la rend folle ».
Zazie avec Je suis un homme nous parle au nom de l’homme, l’humain : "Je suis le roi de l'illusion. Au fond qu'on me pardonne. Je suis le roi, le roi des cons. C'est moi le maître du feu, le maître du jeu. Le maître du monde, et vois ce que j'en ai fait. Une terre glacée, une terre brûlée. La terre des hommes que les hommes abandonnent."

Comme je ne peux pas tout passer, j’ai choisi une rappeuse Keny Arkana avec Entre les lignes : Une goutte de plus en 2006

9) Entre les lignes : Une goutte de plus Keny Arkana 2006

Dans cette émission essentiellement musicale, quelques conseils de lectures tout de même, des recueils de nouvelles sortis entre 2005 et 2008 :

- Nouvelles vertes préfacé par un poème d’Hubert Reeves, éditions Thierry Magnier, suivies des Nouvelles re-vertes préfacées par Denis Cheissoux célèbre producteur et animateur de l’émission CO2 mon amour sur France Inter.

Et 10 façons d’assassiner notre planète, nouvelles réunies et présentées par Alain Grousset chez Tribal Flammarion.

En 2009, sort le film Home de Yann Arthus-Bertrand  distribué gratuitement dans les établissements scolaires et qui a le grand mérite à la fois de montrer la beauté de notre Maison, d’expliquer comment l’homme avec les énergies fossiles et la révolution industrielle, ainsi que l’exploitation des ressources naturelles de la planète a mis en danger la biodiversité et l’avenir de son logis, mais aussi d’indiquer à la fin toutes les solutions qui commencent à émerger en répétant : « il est trop tard pour être pessimiste ». De quoi remonter le moral de Grand Corps malade qui a le blues en 2008, voici un extrait du Blues de l’instituteur : 10) Le Blues de l’instituteur GCM 2008

Le 11 mars 2011, c’est plus que du blues qui secoue la planète,  la catastrophe nucléaire de Fukushima à la suite d’un tremblement de terre réactive nos peurs environnementales.

Et si les conférences sur le climat se poursuivent chaque année en décembre (Afrique du Sud en 2011, Qatar en 2012…), les avancées se font minimes.

En Juin 2012 un sommet de la Terre a lieu de nouveau à Rio (Rio + 20).

Il propose le concept d’Economie verte : « croissance économique durable (…) tout en préservant le bon fonctionnement des écosystèmes de la planète ». D’autres souhaitent la Décroissance.

L’écologie comme toutes les bonnes causes est détournée pour en faire un argument de vente, c’est ce qu’on appelle en français l’écoblanchiment. Le groupe Tryo a choisi lui le mot anglais :

11) Greenwashing pour sa chanson de 2012.

En  2013 et 2014 les conférence sur le climat se poursuivent en Pologne, puis au Pérou. Où l’on obtient un accord minimal.

En 2015 on compte 7,3 milliards d’hommes sur Terre.

Comme un nouvel appel du 18 juin surgit le 18 juin 2015 l’encyclique du nouveau Pape François qu’il destine à tous au-delà des catholiques aboutissement d’un long travail, nourri de textes antérieurs et de l’expérience latino-américaine de Jorge Bergoglio qui a choisi le nom de François en hommage à François d’Assise qui a donné le titre de cet encylique dont voici les 1ers mots : « Laudato si’, mi’ Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ».[1]

2. Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d’enfantement » (Bm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure. Rien de ce monde ne nous est indifférent »

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 : C’est à Paris cette fois en France qu’a eu lieu la 21è conférence sur le climat : il est prévu un accord engageant pour la 1ère fois pays industrialisés et pays en développement.

La Folle Journée de Nantes en février 2016 a fêté sa 22e édition sur le thème de la nature. Une thématique vaste qui a été une source d’inspiration majeure des musiciens et compositeurs de tous temps. La nature, les éléments, les événements climatiques, les animaux ont toujours eu une place de choix dans le processus créatif des artistes. Avec les Quatre Saisons de Vivaldi, la* Pastorale* de Beethoven, La Mer de Debussy, les compositeurs ont tous à leur façon célébré les beautés de la nature et œuvré à l’imiter. La nature, synonyme de pureté, de divinité, moyen de célébrer la création divine pour certains, moyen d’exprimer son intériorité pour d’autres. Mais les révolutions industrielles, l’exploitation des ressources naturelles de la planète ont considérablement changé la donne. La terre se réchauffe, la banquise et les glaciers fondent, le niveau des océans montent, la pollution de l’air, de la terre, de l’eau… La nature souillée peut-elle toujours être une source d’inspiration ? Ou plutôt les musiciens ont-ils de tous temps été des écolos soucieux de prendre soin de l’environnement ? L’astrophysicien et écologiste franco-canadien Hubert Reeves, présent à la Folle Journée dans le spectacle musical Cosmophonies  y a lu des extraits de ces écrits et évoqué l’univers, la place de l’homme et sa relation à la musique. Il a précisé que la dimension écologique du spectacle n'était pas prévue au départ. "Avec la COP 21 qui s'est tenue pendant que nous répétions le spectacle, nous nous sommes dit que nous avions l'occasion de faire quelque chose de concret. C'est l'idée de se dire que nous ne sommes pas dans un monde éthéré et lointain. Nos pieds sont sur terre et nous devons voir la réalité en face : il y a des problèmes réels à régler ". Anne Quéffelec, grande habituée de la Folle Journée, estime que son amour de la musique est intimement lié à son amour de la nature. " En tant que musicienne, je pense de plus en plus que la beauté est une forme d’énergie. La beauté de la musique est une énergie renouvelable et non polluante qui garanti un développement durable de l’individu, de l’intelligence, de l’âme et de la sensibilité."

Après avoir célébré la beauté de la nature durant des siècles, certains compositeurs s'emparent désormais du thème de la dégradation climatique pour tenter d'ouvrir les consciences. Le compositeur américain John Luther Adams s’inspire de la nature et tente de faire prendre conscience de sa fragilité. Dans sa pièce symphonique Become Ocean, qui a remporté le Prix Pulitzer en 2014, il décrit la montée des eaux liée au réchauffement climatique grâce à des effets symphoniques tourbillonnants, comme une gigantesque vague s'apprêtant à recouvrir l'humanité.

12) Become océan extrait

St Ex dans le Petit Prince dit à propos de son dessin de la planète envahie par les baobabs (une fable d’ailleurs où l’on peut voir encore le soin à apporter sans tarder à sa planète) :

« Pourquoi n’y a-t-il pas dans ce livre d’autres dessins aussi grandioses que le dessin des baobabs ? (…) Quand j’ai dessiné les baobabs j’ai été animé par le sentiment de l’urgence. »

13) Rendez-nous la lumière  Dominique A

Episode ratings
Please log in or sign-up to rate this episode.
This episode is part of the Parole et Musique 2022 series
Rencontres avec celles et ceux qui font le territoire.
Les Rayons et les Ondes
pour diffuser paroles et musiques et unir les hommes sur notre petite planète...
Episode comments

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
What do you think about this episode? Leave a comment!

×   Pasted as rich text.   Restore formatting

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

×

Important Information

By using this website, you accept the use of cookies in accordance with our Privacy Policy.