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Anne Desmarest de Jotemps

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  1. la conteuse joaillière tombée en amour avec les bijoux au fond de l'océan Aujourd’hui, je vous propose un nouvel épisode du podcast « il était une fois le bijou » le podcast thématique qui raconte les plus belles histoires des bijoux. Vous vous souvenez, ce format vous propose de faire le tour d’un sujet autour du bijou et comme je l’avais lancé le 14 février le thème était l’amour. L’historienne Christine Masseron nous avait parlé de l’histoire des bijoux d’amour, puis Marc Lauer qui exprime son amour du savoir-faire joaillier en créant Les Ateliers du créateur, un espace de coworking pour que les jeunes joailliers puissent louer un établi et travailler nous avait fait découvrir les bruits de l’atelier de joaillerie. Je vous avais aussi présenté Claire Fillet, la co-créatrice de la marque Firo qui réalise des bagues de fiançailles et des alliances et qui par amour des bijoux a également créé le premier podcast sur les bijoux qui s’appelle « Rubis sur canapé ». Et, il y a 2 semaines, je vous avais fait entendre Antoine Chapoutot, le joaillier qui pense que les bijoux et l’amour sont immarcescibles c'est-à-dire qu’ils ne se flétrissent pas. Quelle belle déclaration d’amour. Aujourd’hui, je vous propose d’entendre Edéenne, la conteuse joaillière qui fait des pièces uniques, inspirées des contes de fées ou des légendes du monde entier et qui est « tombée en amour » avec le bijou au fond de l’océan. Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter cette belle histoire de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain, cette fois pour le format un bijou comme un bisou. Dans ce prochain épisode, je vous réserve une surprise ! En avant première de l’exposition Jean Vendôme qui s’ouvrira le jeudi suivant à l’Ecole des Arts joaillier, je vous ferai entendre Sophie Lefèvre, la commissaire de cette exposition, qui pour écrire la monographie de Jean Vendome a été invité par le maître joaillier, lui-même, à partager sa table et à entrer dans son atelier chaque semaine pendant 5 ans. Vivement la semaine prochaine ! Si cette histoire vous a plu, mettez plein de petites étoiles sur Apple podcast, ou des cœurs sur les autres applications et partagez sur les réseaux sociaux et vos encouragements brilleront pour moi comme des joyaux ! A dimanche pour une prochaine histoire de bijou Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn Musique : Allan Deschamp, 0 le Sign
  2. immarcescible : qui ne se flétrit pas comme l'amour et les bijoux Aujourd’hui, je vous propose un nouvel épisode du podcast « il était une fois le bijou » le podcast thématique qui raconte les plus belles histoires des bijoux. Je ne sais pas si vous vous souvenez mais ce format vous proposait de faire le tour d’un sujet autour du bijou et comme je l’avais lancé le 14 février le thème était l’amour. L’historienne Christine Masseron nous avait parlé de l’histoire des bijoux d’amour, puis Marc Lauer qui exprime son amour du savoir-faire joaillier en créant Les Ateliers du créateur, un espace de coworking pour que les jeunes joailliers puissent louer un établi et travailler nous avait fait découvrir les bruits de l’atelier de joaillerie. Et je vous avais aussi présenté Claire Fillet, la co-créatrice de la marque Firo qui réalise des bagues de fiançailles et des alliances et qui par amour des bijoux a également créé le premier podcast sur les bijoux qui s’appelle « Rubis sur canapé ». La semaine prochaine je vous retrouverai pour le 60e épisode du podcast le bijou comme un bisou. Mais cette semaine dans ce 4e épisode consacré à l’amour des bijoux, je vous emmène à la rencontre de d’Antoine Chapoutot, un joaillier qui nous raconte l’amour qui conduit les clients à lui demander de créer des bijoux, les pierres qu’il aime, le style qu’il affectionne et sa conviction que l’amour comme le bijou est immarcescible. Immarcescible est un mot qu’il aime et qui veut dire qui ne se flétrit pas. N’est-ce pas un joli gage d’amour ! Je suis Anne Desmarest de Jotemps, amoureuse des mots et passionnée du bijou. Êtes-vous prêt à écouter cette belle histoire de bijoux ? Commençons : il était une fois… Le Bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain, cette fois pour le format un bijou comme un bisou. Si cette histoire vous a plu, mettez plein de petites étoiles sur apple podcast, ou des cœurs sur les autres applications et les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et vos encouragements brilleront pour moi comme des joyaux ! A dimanche pour une prochaine histoire de bijou Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
  3. les femmes de la joaillerie sont brillantes Les femmes de la joaillerie sont passionnées et cultivées, intelligentes et créatives, bosseuses et imaginatives. Elles sont brillantes. On imagine le monde des bijoux comme un secteur léger et opulent. La réalité est autre. C’est un monde qui exige l’excellence dans tous les domaines, un monde de travail acharné des artisans d’art aux mains de fée aux groupes internationaux à la puissance supranationale. Le monde des bijoux c’est aussi une certaine image de la France qui s’impose depuis le XVIIe siècle. Et dans ce monde protéiforme, les femmes ont du se sertir une place. Et elles ont réussi parce qu’elles sont brillantes. Qui sont-elles ? Elles sont expertes, artistes, entrepreneuses, créatrices, journalistes, écrivaines, directrices, communiquantes, et bien sûr joaillières. Elles sont partout parce qu’elles sont brillantes ! Dans ce podcast, je vous emmène à la rencontre de ces femmes de la joaillerie, et elles racontent simplement, avec sincérité et pudeur, leur parcours. A chaque fois, je leur demande un conseil pour une jeune femme qui serait tentée par ce monde où le scintillement de vitrine cache l’exigence du travail et de l’investissement personnel, pour que la jeune génération se prépare ainsi à devenir brillante.Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque semaine. Dans le podcast il était une fois le bijou, je crée des saisons courtes de 4 à 5 émissions qui explorent le monde des bijoux par thématique. Dans le podcast le bijou comme un bisou, je raconte les légendes et les grandes comme les petites histoires des bijoux et des joailliers. Dans Brillantes, je vous fais découvrir non pas l’envers du décor, mais la réalité du monde joaillier au féminin en interviewant les femmes de la joaillerie. Site (https://iletaitunefoislebijou.fr/) Twitter (https://twitter.com/anne2jotemps) Facebook (https://www.facebook.com/Il-%C3%A9tait-une-fois-le-bijou-816706675177318) Instagram (https://www.instagram.com/iletaitunefoislebijou/?hl=fr) LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/anne-desmarest-de-jotemps/) Musique : Thomas Fouqueray (http://gmail.com) Ingénieure son Alice Krief, Les Belles Fréquences (https://www.lesbellesfrequences.com/)
  4. les grandes et petites histoires du bijou et actualité du la joaillerie Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du soir. Chaque soir pendant le confinement, j'ai raconté une histoire de bijou, maintenant, le dimanche en alternance avec les autres podcasts "Il était une fois le bijou" ou "Brillante" je raconte les grandes et petites histoires de bijou ou j'interviewe une personnalité du monde de la joaillerie sur l'actualité du bijou. Mes podcasts joaillerie donnent une voix aux bijoux et mettent sur la voie de l’histoire, des savoir faire et des créateurs et des Maisons de joaillerie.
  5. Il était une fois L’arc en ciel joaillier L’arc en ciel fait rêver. Bien sûr les grognons vous diront qu’un arc en ciel signifie de la pluie pendant 3 jours. En fait, ils n’auront pas complètement tord… Pline l'Ancien le définit ainsi : « Nous appelon... Il était une fois L’arc en ciel joaillier L’arc en ciel fait rêver. Bien sûr les grognons vous diront qu’un arc en ciel signifie de la pluie pendant 3 jours. En fait, ils n’auront pas complètement tord… Pline l'Ancien le définit ainsi : « Nous appelons arc-en-ciel un phénomène qui, en raison de sa fréquence, n'est ni une merveille ni un prodige ; car il n'annonce pas, d'une manière sûre, même la pluie ou le beau temps. Il est évident que le rayon solaire entré dans une nuée concave est repoussé vers le soleil et réfracté, et que la variété des couleurs est due au mélange du nuage, de l'air et du feu. Ce phénomène ne se voit qu’à l'opposite du soleil. Il n'a jamais d'autre forme que celle d'un demi-cercle. Il ne se montre jamais la nuit, bien qu'Aristote rapporte qu'on en a vu quelquefois. » Ce qui veut dire que déjà à cette époque on imaginait bien que l’arc en ciel venait d’un phénomène physique. Ce phénomène est celui de la réfraction de la lumière. Pour faire simple, la réfraction est le fléchissement d’une onde entre 2 « matières » aux propriétés différentes. Beaucoup de savants ont travaillé à déterminer les règles qui permettent de calculer les implications de cette réfraction. Il y a eu Ibn Sahl vers l’an 1000, les savants persans Qotb al-Din Chrirazi et Kamāl al-Dīn al-Fārisī. Robert Grossetête aussi appelé Robert de Lincoln, un érudit anglais, vers 1200 définit les premières règles de l’optique. Le savant allemand du Moyen Age, Dietrich von Freiberg énonce dès le XIVe siècle quelques règles de la réfraction. C’est Descartes qui en 1637 va définir le principe de la loi de la réfraction et avec Willebrord Snell van Royen un humaniste, mathématicien et physicien néerlandais, ils vont dégager les lois de Snell-Descartes ; Ensuite il y aura le principe de Huygens-Fresnel, le principe de Fermat et encore beaucoup d’études suivant l’application étudiée comme les ondes sismiques, mécaniques ou optique sur lesquels la réfraction a un impact. Dans le cas de la lumière, elle est dite réfractée quand elle est déviée lorsqu'elle passe d'un milieu transparent à un autre. C’est ce qui se passe pour l’arc en ciel. C’est aussi ce phénomène que le lapidaire ou le diamantaire calcule pour tailler une gemme afin que la circulation de la lumière dans une pierre précieuse permette qu’elle donne le maximum de ses feux. Dans l’arc en ciel, la lumière se réfracte dans les gouttes d’eau ce qui rend visible le spectre continu de la lumière du soleil quand il brille pendant la pluie. Ce phénomène s’appelle un photométéore. C’est un effet d’optique que l’on peut voir aussi à proximité de chutes d'eau, dans la brume avec une source de lumière derrière soi qui fait apparaître toutes les teintes monochromatiques de la lumière dont les différentes longueurs d’onde correspondent aux couleurs. De l'antiquité au Moyen Âge, suivant les cultures et selon les peuples, on prêtera aux arcs-en-ciel trois, quatre ou cinq couleurs. Aujourd’hui, on considère que l’arc en ciel comporte 7 couleurs : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge. Les légendes de l’arc en ciel existent sous toutes les latitudes et depuis tous les temps. Dans la mythologie grecque, Iris est la messagère et l’arc-en-ciel est le chemin qu’elle trace de l’Olympe vers la terre où elle porte les messages. A ce titre, elle est la déesse de l’arc en ciel et en espagnol l’arc en ciel se nomme donc Arco Iris. Dans la Génèse, Dieu dit à Noé :"Je vous offrirai un arc en ciel après chaque pluie pour vous rappeler notre alliance et pour vous assurer qu'il n'y aura plus jamais pareil déluge...". L’arc en ciel est donc un lien entre notre monde et celui des Dieux. Le "Chilam Balam", le livre des Mayas raconte aussi que l’arc en ciel apparait pour annoncer la fin de la destruction du monde par une pluie ardente et la déesse des arcs-en-ciel était Ixchel, qui est associée à la lune, à la sexualité, à l'accouchement et à la médecine. Dans les mythes indous, la déesse Indra transporte les coups de tonnerre et l’arc-en-ciel, comme son arme. Là aussi, Dieu aurait submergé toutes les formes de vie dans un océan de lait et Airavata, l’éléphant blanc sacré dont le nom veut dire arc-en-ciel, est une des premières créatures à naître du lait. Dans le bouddhisme, les sept couleurs de l'arc-en-ciel représentent les sept planètes et les sept régions de la Terre. L'arc-en-ciel est alors la région la plus haute du Sansara. Les légendes japonaises disent que Bouddha descend du ciel par un escalier aux 7 couleurs qui est bien sûr, l’arc en ciel. De la même façon dans la mythologie nordique, l’arc en ciel nommé Bifröst est le « pont » qui permet de rejoindre L’Asgard qui est le royaume des dieux. Globalement l’Arc en ciel est un présage favorable car il est lié à la pluie et donc à la fertilité. D’ailleurs, les légendes irlandaises qui remontent aux contes du 8ème siècle parlent des Leprechaun qui sont des esprits de l'eau fusionnés avec une fée de la maison. Ces petites créatures espiègles font chaussures et stockent leurs pièces d’or dans un vase d’or caché au bout d’un arc-en-ciel. Et si vous arrivez à capturer un Leprechaun et que vous promettez de ne pas lui prendre son or, il exaucera 3 de vos souhaits. D’autres légendes présentent l’arc en ciel comme un phénomène néfaste lié au serpent. Au Pérou, il représente la couronne du monstrueux serpent Illapa, le terrible dieu du tonnerre et des pluies. Pour les Incas ce serpent fabuleux exigeait même de manger des cœurs humains alors il a du être tué. Et certains oiseaux, éclaboussés de ce sang eurent désormais un plumage de couleurs vives. Chez les Pygmés aussi, il est un dangereux serpent venu du ciel. Il y a tant de mythes et de légendes partout dans le monde que je ne saurais les raconter tous. Je crois que celle que je trouve la plus belle est celle des Indiens Cherokee: « le jour viendra où les peuples du monde se reconnaîtront comme les membres d'une même famille. Alors ces Guerriers de l'Arc-en-Ciel se rassembleront afin de conduire pacifiquement à de grands changements qui concerneront autant les relations harmonieuses entre les peuples que les relations avec tout ce qui existe sur la Terre-Mère. Sous le symbole de l'arc-en-ciel, toutes les races et toutes les religions du monde s'uniront pour répandre la grande sagesse de la vie en harmonie les uns avec les autres et avec toutes les créatures. Ceux qui porteront cet enseignement seront appelés les guerriers de l'arc-en-ciel. Ils auront la lumière de la Connaissance dans leurs têtes et l'Amour dans leurs cœurs, et ils ne feront de mal à nul autre être vivant. Après un grand combat mené avec la seule force de la paix, ces guerriers de l'Arc-en-Ciel finiront par mettre un terme à la destruction et à la profanation de la Terre Mère. La paix et l'abondance régneront ensuite pour un âge d'or long, joyeux et paisible, ici, sur la Terre Mère ». Je veux croire, surtout dans la période que nous vivons, que l'Arc-en-ciel représente la Paix après le désordre, l’harmonie et l'unité dans la diversité. Et je suis sure que les joailliers aussi. Par exemple, dans la nouvelle collection de haute joaillerie de Bulgari appelée Barocko le collier Chiaroscuro, en or blanc et diamants, présente de splendides gemmes de 7 à 14 carats aux couleurs de l’arc en ciel : rubellite, tourmaline verte, améthyste, citrine, quartz jaune, aigue-marine et tanzanite. La directrice artistique Lucia Silvestri l’a imaginé comme un pont d’inspiration entre la ville de Rome et le style riche et abondant de l’époque Baroque. L’arc en ciel a bien utilisé son pouvoir harmonique. Dans le collier caméléon, Pomellato cette année a réinventé sa maille iconique en sertissant les maillons d’un dégradé de pierres aux couleurs de l’arc en ciel : saphirs, émeraude, tourmalines, spinelles, tsavorites, grenats, rubis, tanzanite, aigue-marine, topazes et diamants ont été choisies et agencées selon la subtilité de leurs nuances. Une colorimétrie joaillière qui a demandé 200 heures de travail pour cet arc en ciel d'exception. Chez Isabelle Langlois, la nouvelle collection Ardèche juxtapose toutes les couleurs pour un arc en ciel posé audacieusement sur les 2 modèles que je préfère : une bague 2 doigts que l’on peut cumuler et une magnifique manchette légère à 4 vagues. Les gemmes minutieusement choisies sont posées sur or rose qui accentue encore la douceur de la gamme chromatique dessinée par les citrine, grenat, rhodolite, améthyste, cordiérite, saphir, topaze Blue London, diopside, tsavorite, péridot et quartz lemon soulignés de diamants. Daniela D'Agostino, la créatrice de joaillerie Nomad Jewels, déclinent les couleurs de l’arc en ciel dans la plupart de ses collections car son univers et toujours gai et coloré en référence à ses origines mi-italienne, mi-vénézuélienne. Et même si elle est maintenant basée à Genève, l’arc en ciel ne la quitte pas notamment dans sa collection rainbow. Pour des ondes positives, les gemmes sont presque placées en quinconce sur les bracelets, les colliers et les bagues cumulables et même en boucles d’oreilles. Chez Grainne Morton, la créatrice d'Irlande du Nord, l’arc-en ciel se compose tout en légèreté. Elle associe des miniatures, des gris-gris et des gemmes pour composer des bijoux aériens, des boucles d’oreilles en forme de mobile où sont suspendus comme les gouttes de pluie, les couleurs de l’arc en ciel. Dans les collections d’Alexandra Abramczyck on trouve presque toujours les couleurs de l’arc en ciel, qu’elle nous présente un pendentif poisson ou une manchette coquillage tous les bijoux sont semés de saphirs jaunes, oranges et roses, de topazes bleues, de tsavorites et d’améthystes. Il y a plus spécifiquement une bague arc en ciel avec opale et un collier où les rayons de l’arc en ciel s’égouttent de part et d’autre d’un cercle tout bleu. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus mettez plein de cœur sur votre application de podcast ou des étoiles sur Apple podcast et n’hesitez pas à partagez et commentez, ça fait vraiment une différence. Vous avez peut être remarqué que « le bijou comme un bisou » émet sur un podcast à part entière, maintenant distinct du podcast « il était une fois le bijou » qui explore le bijou par thématique. La semaine prochaine, je vous réserve une surprise ! Vous pourrez me rejoindre sur un nouveau podcast où j’interviewerai les femmes de la joaillerie et qui s’appelle Brillante, parce que les femmes de la joaillerie sont Brillantes ! La chaine You tube Il était une fois le bijou regroupe les 3 podcasts, allez y faire un tour ! Je continuerai à émettre chaque dimanche, en alternance sur un des 3 podcasts. N’oubliez pas de vous abonner à tous sur votre plate-forme d’écoute préférée pour être averti des nouveaux épisodes. Et encouragez-moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn Musique : Allan Deschamp, 0 le Sign Graphisme : Frédéric Mané
  6. Les femmes de la joaillerie sont passionnées et cultivées, intelligentes et créatives, bosseuses et imaginatives. Elles sont brillantes. On imagine le monde des bijoux comme un secteur léger et opulent. La réalité est autre. C’est un monde qui exige... Les femmes de la joaillerie sont passionnées et cultivées, intelligentes et créatives, bosseuses et imaginatives. Elles sont brillantes. On imagine le monde des bijoux comme un secteur léger et opulent. La réalité est autre. C’est un monde qui exige l’excellence dans tous les domaines, un monde de travail acharné des artisans d’art aux mains de fée aux groupes internationaux à la puissance supranationale. Le monde des bijoux c’est aussi une certaine image de la France qui s’impose depuis le XVIIe siècle. Et dans ce monde protéiforme, les femmes ont du se sertir une place. Et elles ont réussi parce qu’elles sont brillantes. Qui sont-elles ? Elles sont expertes, artistes, entrepreneuses, créatrices, journalistes, écrivaines, directrices, communiquantes, et bien sûr joaillières. Elles sont partout parce qu’elles sont brillantes ! Dans ce podcast, je vous emmène à la rencontre de ces femmes de la joaillerie, et elles racontent simplement, avec sincérité et pudeur, leur parcours. A chaque fois, je leur demande un conseil pour une jeune femme qui serait tentée par ce monde où le scintillement de vitrine cache l’exigence du travail et de l’investissement personnel, pour que la jeune génération se prépare ainsi à devenir brillante. Je suis Anne Desmarest de Jotemps et je donne une voix aux bijoux chaque semaine à travers 3 podcasts. Dans Brillantes, mensuellement, je vous fais découvrir non pas l’envers du décor, mais la réalité du monde joaillier au féminin en interviewant les femmes de la joaillerie. A bientôt, et soyez, Brillantes ! Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn Musique : Thomas Fouqueray Ingénieure son Alice Krief, Les Belles Fréquences
  7. Jean Vendome est la figure essentielle de la joaillerie contemporaine, il est né à Lyon en 1930 de parents arméniens et son nom d’origine est Jean Tuhdarian. Il a tout juste 18 ans quand il crée son premier atelier de joaillerie et toute sa vie il tém... Jean Vendome est la figure essentielle de la joaillerie contemporaine, il est né à Lyon en 1930 de parents arméniens et son nom d’origine est Jean Tuhdarian. Il a tout juste 18 ans quand il crée son premier atelier de joaillerie et toute sa vie il témoignera de cette précocité dans sa façon de sentir les changements, dans sa façon de concevoir l’art comme terreau de son inspiration, dans sa façon d’appréhender les gemmes et les matériaux non noble dans ses bijoux, et dans sa façon de concevoir une joaillerie nouvelle, détachée des règles, inventive, en un mot libre. Ce jeudi, le 8 octobre s’ouvre à l’Ecole des Arts joailliers rue Danièle Casanova, juste derrière la place Vendôme, une exposition en son hommage. Alors Sophie Lefevre, la commissaire scientifique de l’exposition s’est posée devant mon micro pour nous parler de son admiration pour les bijoux de Jean Vendome, de son respect profond pour l’homme qu’il était et nous raconter comment il l’a convaincu d’écrire sa monographie en lui proposant de partager sa table et son atelier chaque semaine pendant 5 ans. Voici Jean Vendome raconté par Sophie Lefevre. Jean Vendome est décédé le 9 août 2017 à Eaubonne. Il fut contemporain et ami de Gilbert Albert dont je vous ai parlé dans un podcast précédent. L’exposition que lui consacre l’Ecole des Arts Joailliers est totalement gratuite en communion avec le crédo de cette institution dont l’objet est de répandre largement la culture joaillière avec le mécénat de la Maison Van Cleef & Arpels. Bien sûr en raison des règles sanitaires il faut réserver le créneau horaire, alors je vous mets les informations sur la page du podcast. Vous avez jusqu’au 18 décembre pour découvrir Jean Vendome, le maitre de la joaillerie contemporaine. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de cœur sur Apple podcast et plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et aidez moi à faire connaitre le podcast en partageant et en vous abonnant aux plates formes d’écoute. Encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Exposition Jean Vendome à l’Ecole des Arts joailliers Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn Musique : Allan Deschamp, 0 le Sign Graphisme : Frédéric Mané
  8. Cette semaine j’ai eu la chance d’être conviée au vernissage de la splendide exposition qui s’appelle tout simplement « Pierres Précieuses » et vient de s’ouvrir à Paris à la Grande Galerie de l’Evolution du Muséum national d’Histoire Naturelle avec... Cette semaine j’ai eu la chance d’être conviée au vernissage de la splendide exposition qui s’appelle tout simplement « Pierres Précieuses » et vient de s’ouvrir à Paris à la Grande Galerie de l’Evolution du Muséum national d’Histoire Naturelle avec le mécénat de la Maison Van Cleef & Arpels. Alors aujourd’hui, je vous emmène avec moi dans ce voyage fabuleux qui va de la minéralogie vers la gemmologie et qui s’épanouit dans la joaillerie. Il était une fois, au cœur des joyaux de la terre la naissance des pierres précieuses. Cette exposition a commencé pour moi par de vraies rencontres humaines. Mesure de sécurité oblige, chaque journaliste avait du s’inscrire sur un créneau horaire bien défini. Et Bruno David, le Président du Museum national d’histoire naturelle avec Nicolas Bos, le Président et CEO de Van Cleef & Arpels, ont accueilli en personnes et à chaque créneau les journalistes conviés. Nous expliquant leur volonté conjointe de faire de cette exposition une réelle démarche pédagogique destinée à faire comprendre par la beauté et la fascination des pièces exposées leur respect pour les trésors de la nature et leur admiration pour les savoir-faire humains qui les magnifient. J’ai également vu François Farges, un des commissaires scientifiques, Professeur au Muséum, spécialisé en minéralogie environnementale et patrimoniale, celui qui a reconstitué avec l’appui de l’Ecole des arts joailliers les diamants de Louis XIV rapportés d’Inde par Jean Baptiste Tavernier. Et il y avait aussi les scénographes Patrick Jouin et Sanjit Manku. Bref, alors que je n’avais encore rien vu et pour citer Nicolas Bos, j’éprouvai un plaisir infini à participer à un « vrai » événement, avec de « vraies » personnes et pour voir de « vrais » objets. Dès la première marche d’escalier, j’entre dans l’ombre. Les murs peints en noir me donnent l’impression de pénétrer dans les entrailles de la terre et la première vitrine me propulse dans le vif du sujet. Je vois, dans sa gangue de marbre blanc, un rubis brut d’un couleur intense. Ce rubis s’est cristallisé il y a 33 millions d’années au Myanmar (ex-Birmanie). Puis une petite pelle de métal me présente des rubis taillés qui resplendissent de mille feux. Et enfin mon regard atterrit sur le fameux clip pivoine créé en 1968 par Van Cleef & Arpels. Vous reconnaitrez ce bijou sans problème car il constitue l’affiche de cette exposition. Une vidéo explique les étapes de la réalisation du bijou et la technique secrète du serti mystérieux qui a demandé 300 heures de travail rien que pour ce bijou. Les vitrines suivantes me plongent dans les trésors du Muséum national d’histoire naturelle. Les pierres brutes resplendissent de couleur et de pureté minérale. J’admire une tranche de tourmaline Liddicoatite de 490 millions d’années où s’est dessinée naturellement au Paléozoïque une pyramide en camaïeu de vert et de rose. Il y a aussi une tanzanite d’un bleu incroyable de 600 millions d’années et qui vient de Tanzanie. Le Béryl vert gemme, transparent comme l’eau d’un lac, a aussi 600 millions et vient de l’Oural. Il y a même une agathe nichée dans un os de fémur de dinosaure du Jurassic depuis 150 millions d’année et qui vient de l’Utah. Je vois une pièce toute feuillue de cristaux mauves hérissés, ce sont des améthystes en pétales datant du Crétacé, c’est-à-dire 100 millions d’années et qui provient de Rio Grande Do Sul au Brésil. Ou encore un minéral dressé de cubes bleutés qui sont des opales « ananas » du Crétacé et d’Australie. Un énorme morceau d’ambre resplendit d’un orange intense, il vient de la mer Baltique et date de l’Eocène c’est-à-dire 44 millions d’années. Et j’admire un galet tout rond et doux qui est L’Occitane de Sabine. Il a été découvert dans la Montagne noire en Occitanie par Sabine Conchin en 2018 qui lui a donné son nom. C’est un galet de quartz aurifère de 99 grammes contenant 40 grammes d'or, ce qui est tellement rare en France qu’il se classe au top 10 des plus belles trouvailles aurifères depuis 2 siècles. C’est pourquoi le Muséum national d’histoire naturelle l’a acheté et le montre aujourd’hui comme une pièce exceptionnelle. Vous verrez encore beaucoup de gemmes dans cette « histoire de la terre » mais je suis tellement éblouit que je passe à la zone de « l’histoire de savoir-faire ». L’envie de parure est tellement lié à l’humanité que depuis toujours l’homme met tout son savoir faire à créer de jolis objets témoins à la fois de la richesse de son environnement qu’à celle de sa créativité. L’exposition montre ainsi un petit coquillage perforé trouvé en Algérie et qui a 90 000 ans et est considéré comme le plus vieux bijou du monde. Je vois aussi un cristal de roche taillé en feuille de laurier 20 000 ans avant JC au Solutréen et trouvé en Dordogne. Des disques d’ambres et de chrysoprase sont de l’Age de Bronze, c’est-à-dire 3000 ans avant JC et viennent de Pologne. Un œil d’obsidienne vient de l’Egypte pharaonique. Plus loin, le savoir faire humain est encensé par des objets magnifiques et raffinés. Il y a une coupe en cristal de roche à la forme coquille et aux anses en arabesque qui vient de l’Italie du XVIIe. Le coffret dit d’Anne d’Autriche tout en ambre et ivoire, a 3 étages, gravé et sculpté, témoigne parfaitement du goût du XVIIe comme du savoir faire des artisans d’art. Il se juxtapose avec le collier indien en rubis, émeraude, diamant, perles et émaux qui soulignent parfaitement la perfection de la technique kundan du XVIIIe. Et quand je me retourne, je suis fascinée par la gigantesque table de Mazarin. Une tonne et demie de marbre de Carrare, incrustée de lapis lazuli, de jaspes, de nacres et d’une multitude de gemmes de couleur qui dessinent sur sa surface de gracieux oiseaux au milieu d’entrelacs, des fleurs et des papillons, encadrés de symboles de guerre et de paix avec au centre une vasque drapée d’où jaillit une couronne. Cette pièce monumentale a été offerte en 1659 en cadeau diplomatique par les princes Orsini au cardinal Mazarin puis acquise par Colbert pour Louis XIV et enfin offerte par Louis XV à Buffon, le surintendant du jardin des Plantes. C’est aujourd’hui une des pièces phares des collections du Muséum et sa magnificence illustre parfaitement l’utilisation des gemmes dans les arts décoratifs. Puis je suis téléportée directement dans l’époque contemporaine devant l’Arbre aux tourmalines de Jean Vendome. Une sculpture très architecturée où les gemmes, brutes ou taillés, sont suspendues comme des fruits ou des gouttes de rosées aux couleurs éclatantes sur les branches entremêlées à angles droits. Dans j’entre dans la partie « des minéraux aux bijoux » je ne sais plus où donner des yeux. Pour décrire le métamorphisme c’est-à-dire la formation et la cristallisation des minéraux depuis la formation de la terre il y a 4,56 milliards d’années, 6 phénomènes sont expliqués : la pression, la température, l’eau, l’oxygène, les fluides et la vie. Dans un parcours didactique chaque vitrine me présente un minéral brut, les gemmes taillés qui en sortent et les magnifiques bijoux qui en sont issus. J’apprends que les cristaux grandissent. Un diamant millimétrique du Botswana a ainsi poussé pendant 2 milliards d’année. Ce sont ses inclusions de grenat qui ont permis aux chercheurs de déterminés ce record absolu. Et bien sûr je tombe amoureuse du splendide collier en platine et diamant commandé par sa Majesté la reine Nazli d’Egypte pour le mariage de sa fille avec le prince héritier d'Iran et réalisé en 1939 par Van Cleef et Arpels. Il resplendit de 673 diamants baguettes et brillants. C’est un plastron, dont l’inspiration du pectoral égyptien s’allie aux rubans de la haute couture parisienne. Ce joyau est exposé pour la première fois en France. Au-delà du diamant 40 autres pierres précieuses et fines sont ainsi exposées dans un dialogue concret et pédagogique entre minéralogie, gemmologie et joaillerie. Je ne saurais pas vous dire ce que j’ai le plus aimé. Quelquefois la gemme brute est un bijou à elle seule. Comme les étoiles de rubellite dessinées par la nature sur leur bloc de quartz. Ou encore les incroyables couleurs de bleu et de vert de la Pierre du roi Salomon où se sont réunit sans intervention de l’Homme la malachite, l’azurite, la turquoise, la pseudomalachite et le chrysocolle. Il y a aussi le jaspe Orbiculaire pour lequel les scientifiques ont déterminés des bulles de gaz piégés dans le magma volcanique dont les couleurs traduisent les variations du fer au cours des temps géologiques mais pour lequel votre âme d’artiste verra le tableau abstrait d’un art contemporain inventé par la terre des milliards d’années avant nous. Dans les pierres taillées, la si rare topaze impériale en taille poire du brésil brille d’une incroyable couleur rouge vif. Les améthystes des joyaux de la couronne que l’on peut admirées sont issues de la parure que Napoléon 1er offrit à Marie-Louise et que le joaillier François-Regnault Nitot, fondateur de la Maison Chaumet mettra plus de 3 ans à réunir pour créer ce joyau de la Couronne de France. Il y a aussi les pierres polies par Roger Caillois, l’écrivain, sociologue, critique littéraire français et académicien qui portaient un véritable amour pour la beauté des pierres, les collectionnait et avait appris à les polir pour mieux apprécier les paysages qu’elles laissaient apparaitre après son intervention. Il a réalisé plusieurs ouvrages qui célèbrent cette beauté des « pierres à image » et a offert 164 pièces de sa collection au Muséum. Alors j’ai été particulièrement touchée par un onyx dont le noir se teinte de roux sur les bords de la pierre et porte en son centre une bouche aux lèvres blanches. Roger Caillois l’avait appelé « la fissure » et lui avait dédiées ces paroles sensuelles : « Ainsi, cette fente presque close que peignent deux lèvres minces d’une fade blancheur d’orgeat au milieu d’intenses ténèbres, comme la pâle boutonnière réticente d’un sexe exsangue, celui qui est dit s’être entrouvert au ventre de l’abîme, à l’origine du temps ». Et bien sûr, il y a les bijoux. Ah les bijoux ! 200 pièces sorties des réserves de Van Cleef & Arpels. La collerette de Son Altesse Royale la princesse Faiza d’Egypte créée en 1929, de style Art déco comprend 10 magnifiques émeraudes en forme de goutte magnifiées par la blancheur du platine et des diamants. La parure Panka en turquoises, diamants et or jaune a été ramenée d'Inde dans les années 1970. Un collier de 31 boules de la très rare et délicate jadéite Lavande pèse 930,21 carats. Le clip Chrysanthème de 1937 devenu mythique avec 140 carats de rubis en serti mystérieux et ses volutes de 10,89 carats de diamants. Les nécessaires d’inspirations médiévales de 1925 présentent une incroyable marqueterie de nacre, émail, diamants sur or jaune et platine. Un sac du soir tout en perles fines date de 1933. Le clip Jardin d’Armide de 2016 présente une incroyable opale noire de 26,22 carats. Je ne peux vous décrire tous les colliers, les bracelets, les clips, en bois d’amourette, bois fossiles, corail, péridot, perles, saphirs, malachite, grenat, calcédoine… il faut les voir ! La dernière partie de l’exposition à travers des vidéos et des parcours intéractifs met en scène Paris comme lieu de savoirs et de savoir faire joaillier depuis le XVIIe siècle. De la recherche en minéralogie aux artistes, on mesure l’inspiration constante que sont les minéraux. On comprend comment des pièces historiques comme la toison d’or de Louis XV a pu être reconstituée. Et on peut admirer une surprenante création des ateliers Van Cleef & Arpels conçue spécialement pour l’exposition. Un rocher aux merveilles de 6,2 kg de lapis-lazuli monté sur un socle en quartz blanc, avec une forêt de 32 cristaux naturels de tourmaline bicolore et orné de 10 créations joaillières d'exception. Un véritable chef d’œuvre. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Cette exposition Pierres Précieuses est ouverte tous les jours sauf le mardi jusqu’au 14 juin. En raison des règles sanitaires, il faut bien sûr réserver un créneau horaire, je vous mets le lien dans la présentation du podcast (ici). Quand vous irez n’hésitez pas à me donner vos impressions sur les réseaux sociaux d’il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn Musique : Allan Deschamp, 0 le Sign Graphisme : Frédéric Mané
  9. Il était une fois le lapidaire ou l’art de faire briller les pierres En latin « lapis » veut simplement dire « pierre » et le mot lapidaire vient du latin lapidarius qui signifie « taillé dans la pierre ». Aussi le mot lapidaire, pour ceux qui n’ont p... Il était une fois le lapidaire ou l’art de faire briller les pierres En latin « lapis » veut simplement dire « pierre » et le mot lapidaire vient du latin lapidarius qui signifie « taillé dans la pierre ». Aussi le mot lapidaire, pour ceux qui n’ont pas fait de latin peut prêter à confusion. Pour mémoire quand Marbode, l’évêque de Rennes, publie « De lapidis » ou « Liber lapidum, seu De gemmis », « De lapidibus » avant 1090, il exprime ainsi Le Poème des pierres précieuses. Et le traité du chevalier Jean de Mandeville qui était né vers 1300 dont le titre est “le Lapidaire” contient une description des pierres précieuses et de leurs vertus magiques mais rien du tout concernant la taille de pierre. Alors le mot « lapidaire » depuis l’antiquité où l’on trouve les écrits de Pline l’ancien ou encore Damigéron et pendant le Moyen Age s’applique aux écrits et à ceux qui cherchent à connaitre les pierres gemmes, les classifier, rechercher leurs particularités voire leurs pouvoirs. Et pourtant, les lapidaires-tailleurs de pierre s’inscrivent dans une tradition remontant au IIe siècle avant Jésus-Christ. En soit, la taille des pierres date des australopithèques et la pierre polie du Néolithique. Mais je vais me concentrer sur le domaine de la joaillerie où le lapidaire est celui qui taille les pierres précieuses et les pierres fines de façon à révéler toute leur beauté et les rendre dignes d’orner les bijoux pour en faire de véritables joyaux. Une dernière précision de vocabulaire, le lapidaire taille toutes les pierres gemmes SAUF le diamant, qui lui, est taillé par un diamantaire, ce qui apporte d’autres confusions parce que celui qui vend et connait les diamants s’appelle aussi diamantaire, mais cela fera l’objet d’un autre podcast. Globalement il y a 3 procédés pour polir et tailler les pierres gemmes. Il y a d’abord les pierres roulées. Elles sont polies et poncées dans un tonneau avec des abrasifs. Les contours des pierres sont adoucis. Par exemple, les pierres que l’on prend en main pour faire de la méditation ou celles des massages aux pierres chaudes sont des pierres roulées. Leurs touchers sont agréables mais cette technique ne permet pas de révéler toute la beauté des gemmes. En effet, le secret du lapidaire est de savoir révéler l’intensité de la couleur et la brillance ou les feux des pierres et pour cela le lapidaire est un Maître en géométrie comme en réflexion de la lumière. Le second procédé est la taille en cabochon. Un cabochon est une pierre qui est coupée et forme un fond plat et dont le haut est poli, arrondi ou convexe. Dans l’Antiquité, quand on ne savait pas encore facetter les pierres, les gemmes étaient toutes taillée en cabochon ce qui permettait de concentrer l’intensité de leur couleur. Et aujourd’hui, la taille cabochon est privilégiée pour les pierres opaques ou celles qui ont des propriétés optiques spéciales comme l'effet d'étoile qu’on appelle l'astérisme, ou par exemple l’effet d'oeil du chat qui vient de la chatoyance, l'irisation que l’on voit sur les labradorites ou l'adularescence que l’on trouve par exemple dans les pierres de lune. Comme la taille cabochon permet de mettre en valeur l’intensité de la couleur, elle est quelquefois utilisée pour garder le maximum de valeur à des gemmes de qualité moyenne et garder un poids intéressant puisque la valeur d’une pierre est aussi déterminée par son caratage. Mais cette taille cabochon peut aussi être choisie parce que le joaillier l’a décidé ainsi. Cette taille cabochon peut aussi être façonnée avec des coins arrondis ce qui crée une sorte de dôme à pan coupé, on parle alors de forme « pain de sucre ». La Maison Fred est très connue pour ce type de taille. Et quand la gemme est de forme cabochon sur le dessus mais facettée en dessous on parle alors de « cabochon suiffée », la pierre a alors une couleur intense mais le facettage du dessous produit un éclairage tout en douceur, un vrai raffinement. Le troisième procédé du lapidaire est bien sûr la taille à facettes. Il n’y a pas une date précise d’invention du facettage mais plutôt des évolutions techniques qui ont amené les lapidaires d’aujourd’hui vers un perfectionnement dont l’objet est de rendre la gemme étincelante et réfléchissant la lumière de tous ses feux. Dès le XIIIe et XIVe siècle on voit apparaitre quelques pierres facettées. Vers 1476, l’invention d’une roue horizontale qui permettait de meuler donne la possibilité de créer des plans facettés compliqués et un facettage géométrique et symétrique. Aussi dès la Renaissance, l’art lapidaire se développe à Bruges, Venise, Florence puis dans l'ensemble de l'Europe. En France, Mazarin, grand amateur de pierres précieuses, encourage le travail des lapidaires et joue un rôle important dans la promotion de ce métier dont la région du Jura est un lieu historique. Les efforts d’innovation se concentrent d’abord sur le diamant et une première taille en brillant, c'est-à-dire la forme ronde, aurait été créée par Louis de Berquen, à Bruges, en 1485. Mais c’est en 1919 qu’un ingénieur et diamantaire belge, Marcel Tolkowsky, publie un traité théorique sur les dimensions idéales du diamant. Il définit des angles de coupe de 41 degrés pour les pavillons et de 34 degrés pour les couronnes. La taille brillant comporte donc 58 facettes parfaitement régulières, ce qui donne au diamant le maximum d'éclat quitte à diminuer un peu son poids. A partir des travaux de Tolkowsky, les lapidaires vont s’attacher à privilégier les feux d’une gemme et la norme s’étend à toutes les pierres précieuses et fines et pas seulement au diamant. Au-delà de la taille brillant, combien de tailles connaissez-vous et comment les fait-on ? J’identifiais la taille émeraude celle qui ressemble à la forme de la place Vendôme, la taille baguette qui est rectangulaire, la taille poire qui est ronde en bas et pointue sur le dessus, la taille marquise qui ressemble à un œil, la briolette qui crée comme une résille sur toute la pierre et bien sûr la taille cœur. Et en fait j’étais assez fière de moi car je pensais connaitre le principal. Mais comme je vérifie toujours, je suis allée à la rencontre de Sébastien Hourrègue, un lapidaire qui sous la marque Sebstones officie au cœur de l’Atelier de l’Objet, situé en parallèle du faubourg Saint Honoré près de la place Vendôme. En véritable amoureux des gemmes, il m’explique le respect des lapidaires pour cette matière si spéciale et si ancienne qu’ils se considèrent modestement comme des passeurs, chargés de la magnifier et de la sublimer. Il me montre les différentes meules avec lesquelles il travaille. Ce sont des sortes de disques soit diamantées dans la masse soit diamantés par électrolyse qu’il choisit selon le grain dont il a besoin pour polir et tailler. Elles sont couleur acier mais quand on les regarde de près on voit le reflet de lignes croisées qui chatoient de reflets bronze. Il en prend grand soin et les fait re-surfacer chaque année. Pour me faire comprendre le geste du lapidaire, il prend ce qu’il appelle un crayon et qui est un embout métallique, il met à l’extrémité un peu de cire qu’il appelle un ciment, chauffe le tout et quand le ciment est souple il ajuste dessus une pierre. L’embout métallique est alors mis dans une gaine qui est composée de 64 à 128 crans pour faire tourner la gemme par rapport à la meule. Sébastien pose d’un côté la pierre sur la meule et l’autre côté de son « crayon » spécial s’insère dans une évention qui comporte une trentaine de trous permettant de donner un angle précis à la facette. Il m’explique que la taille d’une pierre a pour objectif de créer la réfraction de la lumière parfaite. Le facettage a pour but de faire circuler la lumière dans la pierre entre la couronne c’est-à-dire le dessus et la culasse c'est-à-dire le dessous. Il s’agit d’atteindre l’angle idéal qui est celui où la réflexion de la lumière est totale sans dépasser l’angle critique, qui permettrait à la lumière de fuir la gemme comme elle le fait en traversant une fenêtre, d’où le terme de « pierre fenêtre ». Et bien sûr chaque type de pierre a sont propre indice de réfraction et donc un angle critique différent et donc les degrés pour tailler la culasses comme la couronne sont tous différents. La ligne de jonction entre la taille de la couronne et de la culasse est le feuilletis. Le lapidaire doit la réussir la plus plate et la plus mince possible. Comme le feuillettis est au confluent des courbes et des angles, il pourrait avoir naturellement une forme de feston, ce que méprise les lapidaires qui visent à amincir ces lignes de clôtures pour plus d’élégance ce qui démontrent aussi leur dextérité. Au-delà de créer la forme d’une pierre, le lapidaire peut aussi intervenir pour l’améliorer. Il peut « ajuster sur œuvre » c’est-à-dire retailler une pierre pour qu’elle s’insère parfaitement dans un bijou. Il peut repolir une pierre pour lui redonner de l’éclat parce que quand on vit avec son bijou, au bout d’un moment la pierre subit des altérations qui la ternissent. Mais le lapidaire peut aussi valoriser une pierre. S’il y a un petit éclat dans la culasse, une petite imperfection qui n’est pas centrale ou si la couleur n’est pas uniforme. En effet si une pierre n’a pas une couleur identique partout, en la taillant de façon à focaliser la couleur au centre de la culasse on lui donne une visibilité homogène. Mais ce qui m’a le plus bluffé c’est quand Sébastien Hourrègue m’a montré différents types de taille. D’abord je croyais les connaitre mais en fait il y en a beaucoup plus : taille ovale, coussin, Asscher, Ceylan, radiant, trillion et encore ce ne sont que des tailles conventionnelles. On appelle non-conventionnelle toutes les autres. Ce genre de taille reflète de façon magistrale l’art du lapidaire mais le consommateur habituel ne les connait pas ce qui fait par ailleurs le bonheur de connaisseur collectionneur. Pour expliciter ces tailles non-conventionnelles, Sébastien commence par me montrer la taille du célèbre diamant bleu de louis XIV qu’il a reproduit, en CZ Oxyde de Zirconium, une matière de synthèse créé en laboratoire pour imiter le diamant. Puis il me présente une améthyste d’une forme générale presque poire mais qui montre à partir du centre une multitude de tailles qui produit à la fois une impression de rayonnement et de profondeur tout en donnant l’illusion de multiples couches comme la dentelle bouillonnante de la jupe haute-couture d’une débutante présentée à la cour. Puis Sébastien me montre une autre taille. Il me présente en parallélépipède rectangle dont la taille donne l’impression de faire courir sur toutes les faces des entailles franches et droites comme des branches de sapin. Enfin, Sébastien me dévoile une pièce qu’il avait réalisée pour un concours. Dans un cercle, une tête d’ange solaire, façon Louis XIV, irradie à l’infini et se reflète tout ou partie, en concave et convexe sur les strates d’un heptagone à différent pan coupé. Une pure merveille ! Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou sur la profession de lapidaire, défini en France par arrêté et qui appartient à la liste des métiers d'art. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
  10. Il était une fois les joyaux de Gilbert Albert Parce que les vacances ce n’est pas seulement buller, j’ai décidé d’aller à Genève (en moto), découvrir l’exposition consacrée au joaillier Gilbert Albert. Estelle Fallet, la Conservatrice en chef du musé... Il était une fois les joyaux de Gilbert Albert Parce que les vacances ce n’est pas seulement buller, j’ai décidé d’aller à Genève (en moto), découvrir l’exposition consacrée au joaillier Gilbert Albert. Estelle Fallet, la Conservatrice en chef du musée d’Art et d’Histoire de Genève, Domaine Horlogerie, Emaillerie, Bijouterie et Miniatures, également commissaire de cette magnifique exposition a spécialement interrompu ses vacances (je la remercie encore chaleureusement) pour me faire découvrir cet événement et me parler de ce joaillier singulier, ami de l’Abbé Pierre, contemporain de Jean Vendome, et comme ce dernier, précurseur de la joaillerie contemporaine. Dans ce podcast, Estelle Fallet nous emmène à la rencontre de l’homme derrière le joaillier, de ses techniques joaillières qu’il appelait ses « écritures », de sa passion des scarabées dont il se servait comme des pierres précieuses et de ses recherches pour créer des bijoux déstructurés et transformables. Depuis la création d’un musée des cabinotiers (artisans joailliers, bijoutiers, horlogers ou émailleurs de Genève), au don de ses bijoux au Musée, Gilbert Albert a toujours voulu que ses bijoux soient visibles et témoignent des possibles de l’artisanat d’art comme source d’inspiration, comme les œuvres d’André-Charles Lambert, son Maître de joaillerie, l’avaient été pour lui. C’est dans cette optique que l’exposition « Gilbert Albert, joaillier de la nature », avait été initié en partenariat très étroit avec Gilbert Albert. En hommage commémoratif de l’anniversaire de ce joaillier, des animations muséales spécifiques sont prévues le 20 septembre au cœur de l’exposition qui est visible jusqu’au 15 novembre au Musée des Beaux Arts de Genève. Un bijou inédit, inspiré des techniques spécifiques du joaillier et appelé « Arbre aux écritures » a été créé spécialement, vous pourrez donc rapporter un souvenir joaillier de cette magnifique exposition commémorative de cette figure emblématique du bijou contemporain. (En raison de la situation sanitaire actuelle, l’exposition se visite uniquement sur réservation. Billetterie: mah-geneve.ch Le programme de rendez-vous est publié mensuellement sur le site du musée.) Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
  11. Il était une fois les légendes joaillières chinoises de Qeelin Le Qilin (麒麟) est un animal fabuleux de la mythologie chinoise également connu sous le nom de "cheval dragon" et il représente l’équivalent de la licorne dans les légendes occidentales.... Il était une fois les légendes joaillières chinoises de Qeelin Le Qilin (麒麟) est un animal fabuleux de la mythologie chinoise également connu sous le nom de "cheval dragon" et il représente l’équivalent de la licorne dans les légendes occidentales. La première référence historique mentionnant le Qilin remonterait aux Annales de Bambou rédigées en 2697 avant J.C. Dans la tradition taoïste chinoise le Qilin est le roi des animaux à poils, et gère l’énergie de l'élément Terre. Il serait né de la conjonction de deux étoiles ou d'un croisement entre une vache et un dragon. Il possède un corps de grand cerf, une queue de bœuf, le front d'un loup et les sabots d'un cheval. Il a hérité du dragon une peau écailleuse de cinq couleurs : jaune, rouge, bleue, blanche et noire. Sur le front, le Qilin porte soit une corne charnue, soit deux bois de cerf recouverts de fourrure qui symbolise la sagesse. Une autre légende présente le Qilin comme une forme stylisée de la girafe durant la dynastie Ming. Le Qilin est l'incarnation de l'harmonie : il est doux et tranquille, sa voix est mélodieuse et a le timbre d’une cloche, sa démarche régulière. Il est tellement pacifique qu’il ne fait pas un pas sans avoir regardé auparavant où il va mettre le pied pour ne rien détruire sous ses sabots, pas même les brins d'herbe, d’autant qu’il est végétarien. Il marche sur l’eau pour ne pas se mouiller et ne dort que dans les endroits propres. On prétend qu'il peut vivre deux mille ans. La demeure du Qilin se trouve bien évidemment dans le paradis céleste où il représente un animal sacré gardé par les dieux. Sa venue sur terre est donc très rare et marque la survenue d’une ère prospère ou bien la naissance d’un illustre empereur ou d’un grand sage. Par exemple on raconte qu’un Qilin est apparu à la mère de Confucius. Le cri du Qilin mâle présage l'apparition d'un sage, celui de la femelle annonce le retour à la paix; le cri d'été est favorable à la croissance des enfants et celui d'automne restitue les forces. Le Qilin est aussi un symbole de justice. Sa corne lui permet de séparer les justes de ceux qui ont de mauvaises intentions et pour lutter contre le mal il crache des flammes et rugit aussi fort que le tonnerre pour protéger les innocents et punir les malveillants. Alors il est souvent représenté près des tribunaux et des palais de justice. Le Qilin représente la fertilité au sens large : c’est-à-dire ce qui apporte le succès et la prospérité, la longévité et la fortune. Aussi on le représente avec des pièces de monnaie. Les empereurs Chinois possédaient des Qilin. Et encore aujourd’hui, les grandes entreprises ont de grands Qilin pour les protéger et attirer la chance. La Maison de joaillerie Qeelin a alors choisi ce nom pour attirer tous ces pouvoirs bénéfiques et visiblement elle a eu raison car sa prospérité ne se dément pas depuis sa création en 2004. Aujourd’hui, installée au 26 de la place Vendôme juste à côté de Boucheron, elle présente ses collections qui nous font voyager dans l’univers fantasmagorique chinois. Dans ses pièces maitresses, la maison Qeelin met en valeur le Wulu qui est la calebasse. En effet, dans les légendes chinoises, les calebasses accompagnent les personnages mythiques. Tieguai Li, le médecin céleste, l’un des huit immortels du taoïsme, vieux mendiant boiteux, laid, hirsute et débraillé, porte un serre-tête doré, s’appuie sur une canne et a toujours en bandoulière une calebasse en or, symbole d’immortalité, remplie d’alcool médicinal et d’élixir de longue vie. Ji Gong le célèbre moine fou bouddhiste qui s’occupe des plus démunis ne quitte jamais sa calebasse de vin. Et Chang’e, la femme de l’archer mythique Houyi après avoir but une potion magique d’une calebasse s’envole vers la lune dont elle devient la déesse. Cette calebasse mythique a une forme de sablier » (hulu), qui évoque par ailleurs le chiffre huit et donc l’union entre le Ciel et la Terre. C’est donc un précieux symbolise de fertilité. La Maison Qeelin le décline en de nombreux bijoux et matériaux : diamant, agate rouge, jade, nacre et onyx noir. L’actrice Maggie Cheung a choisi de le porter de façon moderne par une magnifique, imposante et unique boucle d'oreille en or et diamants pour arpenter le tapis rouge du Festival de Cannes. Et pour fêter l’ouverture de la boutique place Vendôme un collier Wulu de jade exceptionnel a été réalisé en seulement 28 exemplaires au monde. Le poisson est une autre figure importante de la mythologie chinoise. Dans les poissons de légende il y a L'Hai Ho Shang (ou Ho Hai Shang), appelé Poisson-moine bouddhiste ou bonze marin qui est un monstre aquatique légendaire qui attaque les jonques et les fait chavirer. A bord de chaque bateau il y a donc un matelot chargé d’exécuter la danse rituelle, seule capable d’éloigner le monstre. La carpe est un autre poisson mythique. En effet les carpes sont courageuses et les plus braves réussissent à nager en amont puis à sauter les chutes de la Rivière Jaune à travers la montagne Longmen et atteignent enfin la légendaire « Porte du dragon ». Alors le ciel se couvre de nuages et devient sombre. Un éclair frappe la queue de la carpe dont les yeux se mettent à rayonner. Une fumée divine s’échappe de la bouche du poisson qui entame sa transformation et se mue en un beau dragon. Cette légende évoque en réalité la figure de l’étudiant qui, à force de travail et d’application, devient fonctionnaire au service de l’empereur (le dragon) et la porte du dragon représente la porte de la Cour. Le poisson apparaît dès l’époque Zhou c’est-à-dire au XIe siècle avant J-C sur des objets funéraires, sa mission est de fermer les yeux des morts et à ce titre il est symbole de survie et de réincarnation. A partir de la parution du « Livre des Odes » (Anthologie du XIème au Vème siècle avant J-C) la symbolique change car son nom yú 鱼 est homonyme de mot余 yú qui signifie jade lequel se traduit par abondance. C’est pourquoi on offre des têtes de poissons au Dieux de la richesse et qu’au Nouvel an, le plat de poisson est un plat traditionnel. Le poisson rouge, Jin Yu, est homophone d'or. Il est donc synonyme d'abondance et de richesse. On dit aussi qu'il a le pouvoir de donner une grande descendance et de protéger la famille. Chez Qeelin le poisson rouge s’appelle Qin Qin, il est tout en diamants et sa queue est articulée, une jolie façon de s’attirer ses bienfaits. La Maison de joaillerie interprète également les poissons en duo. Notamment j’ai vu une bague charmante où un couple de poissons aux queues mouvantes pivote l’un autour de l’autre. Il s’agit cette fois du symbole que nous connaissons sous le nom « yin-yang » qui est appelé souvent « les deux poissons » et incarne ainsi par leur complétude l’harmonie conjugale et la félicité dans le mariage. L’un des poissons est en diamant, l’autre en rubis car la couleur rouge, en Chine, est celle du bonheur et de la chance. Le lion est un autre animal fabuleux. Il apparait tardivement dans l’imagerie chinoise car il vient du bouddhisme et donc de l’Inde où le lion était le gardien des temples. La légende chinoise raconte qu’à la fin la dynastie Ming, Li Zicheng, le chef de la rébellion paysanne, affronte deux lions qui gardent la ville de Pékin. Et quand il les abat de ses flèches, les lions se changent en pierre et deviennent les gardiens de la ville. Les Lions ShiShi (石獅), encore appellés Fu dogs, sont donc des protecteurs, emblèmes de bravoure et d’énergie. Dans la Chine moderne, ils sont encore postés près des grandes entreprises ou des lieux importants et sacrés. Selon le feng shui, ils sont toujours placés par deux, accroupis avec une patte dressée et menaçante. Le mâle a une patte sur une boule qui représente le bijou de la loi, une perle, ou un oeuf enfermant un petit. La femelle a un petit à ses pieds, qui mord quelquefois la langue de sa mère. J’ai admiré le pendentif Xi Xi Lion en rubis et diamants de la maison Queelin où les pattes, la queue et même la gueule de ce fauve protecteur sont articulées, les bienfaits de ce symbole d’amour et de protection sont diffusés par les pampilles en rubis tout autour de l’animal. Le chien est une figure allégorique centrale dans la culture chinoise. Il y a le signe zodiacal du chien qui incarne la fidélité, l'amitié et la longévité. Dans ce cycle de 12 ans, le rat débute le cycle et le chien se situe à la onzième année car son caractère joueur et folâtre lui a fait perdre la place que ses capacités de course et de nage aurait du lui gagner dans la grande Course des animaux mythiques. Le chien est aussi associé au mois d’octobre et à la période quotidienne situé entre 19 et 21h. Il symbolise à la fois la loyauté et l’exubérance. Les légendes sur les chiens sont très nombreuses. Il y a le chien Panhu qui tue l’ennemi de l’empereur Di Ku et en récompense épouse sa fille. Il propose de se métamorphoser en humain et doit rester sous une cloche pendant 280 jours. Mais l’empereur trop curieux soulève la cloche le 279e jour et Panhu garde sa tête de chien. Il y a aussi Xiaotian Quan, le « chien céleste aboyant », qui lutte contre les mauvais esprits et est capable de capturer le dragon. Il y a encore Tiangou, le « Chien céleste » qui a avalé la lune et empêche les étoiles de se réincarner en humains. Il y a encore bien d’autres chiens légendaires qui apportent le blé et sauvent les humains. La maison Qeelin a choisit de ne garder que l’esprit joueur du chien et a créé des bulldog et des golden Retriever en or et diamants que l’on accroche comme des charm’s. Ces charmantes figures canines sont appelées « Wang Wang » ce qui signifie « Ouaf-ouaf » en mandarin. Le cadenas est un symbole de chance, de longévité et d’amour. Les premiers modèles de cadenas proviennent d’Égypte, vers 1000 av. JC, les chinois les ont améliorés et sous la dynastie Han de 25 à 250 après JC, la noblesse chinoise aime se les procurer. Au XVIIIe sous la dynastie Qing, la symbolique du cadenas de Ruyi évolue du talisman qui apporte chance et longévité et puissance spirituelle vers un présage d’amour et de félicité matrimoniale. A cette époque Cao Xueqin曹雪芹écrit « Le Rêve dans le pavillon rouge » l’un des quatre grands romans de la littérature classique chinoise, considéré par Mao Zedong comme l'une des fiertés de la Chine et actuellement répertorié à l’UNESCO. Il est à noter que le « pavillon rouge » désigne le gynécée, les appartements intimes des femmes de grande maison que l’on peignait de rouge en symbole de luxe et de bonheur. Dans cet ouvrage le héros Jia Baoyu, est né avec un abraxas de jade précieux dans la bouche et quand il épouse Xue Baochai, celle-ci porte autour du cou un cadenas de sauvegarde en or gravé d'inscriptions prononcées par un moine bouddhiste pour la guérir d’une grave maladie de son enfance. Or sur ce cadenas d’or de la fiancée comme sur l’amulette de jade du héros les inscriptions sont parfaitement complémentaires, signe que leur mariage était prédestiné. Aussi la joaillerie Qeelin a créé un cadenas Yu Yi dont le message de prospérité, d’amour et d’amitié se renforce par les matériaux comme la cornaline ou le jade ou par les graphismes en nuages gravés sur l’or ou la nacre. Emblème et trésor national de la Chine, le panda熊猫est un messager de paix et symbole de confiance. Pour preuve la « diplomatie du panda » est un cadeau diplomatique par lequel la Chine prête un panda pendant plusieurs années aux pays avec lesquels elle entretient des liens d’amitié. Suivant la légende, il y a bien longtemps dans les hautes montagnes vivaient les pandas qui étaient blancs comme la première neige et doux comme des chatons. Ils vivaient paisiblement. Un jour, un bébé panda s’aventure au delà de l’épaisse forêt de bambou. Perdu, il se met à pleurer. Mais ses sanglots attirent la redoutable panthère des neiges. Au moment où le fauve s’apprête à bondir sur le bébé panda, une jeune bergère s’interpose et meurt sous les crocs du félin. Le petit panda raconte à sa famille ses mésaventures alors toute la communauté Panda va rendre un dernier hommage à la courageuse héroïne. Quand ils arrivent, le bucher funéraire dressé par les villageois est éteint, alors les pandas trempent leurs pattes dans les cendres en signe de deuil. Pendant de longues journées, ils essuient leur yeux ruisselants de larmes, se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs qui s’élèvent de toute la montagne, se réconfortent les uns les autres en se prenant dans leurs bras. Et c’est depuis ce jour que les pandas géants portent pour toujours ces mystérieuses tâches noires autour de leurs yeux, de leurs oreilles, de leur taille et sur leurs pattes. Qeelin a donc créé ses bijoux panda appellé BO BO comme un signe de paix et comme symbole d’innocence. Aussi ses pandas ont-ils les pattes articulées comme un jouet précieux et sont mutinement déclinés avec un gros cœur de rubis, ou en superhéros, ou avec un mignon nunchaku et même tricolore en hommage à la France. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
  12. Il était une fois les lois somptuaires Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons... Il était une fois les lois somptuaires Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger. Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe. Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ? Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ? C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia. A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat. Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous". Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas. En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs. Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque. La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses. Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or. Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social. Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer). François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé. Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’« Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. » Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. » Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises. Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. » Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques. La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être. Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe. Encore faut-il que cette voix soit éclairée. Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur. Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ? Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ? Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception. On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie. On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan. Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre. Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur. Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir. C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si vous voulez m’encouragez, partager ce podcast et les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Instagram Facebook Twitter Linkedin
  13. Il était une fois les légendes du rubis La couleur rouge du rubis a toujours fascinée. Depuis l’antiquité on l’amalgame à la symbolique du feu et du sang. On pense que le rubis est arrivé en Europe par les grecs et les étrusques vers 500 avant J.C. Et... Il était une fois les légendes du rubis La couleur rouge du rubis a toujours fascinée. Depuis l’antiquité on l’amalgame à la symbolique du feu et du sang. On pense que le rubis est arrivé en Europe par les grecs et les étrusques vers 500 avant J.C. Et déjà les grecs croyaient qu’un sceau de rubis gravé pouvait faire fondre la cire juste par contact. Les Romains de l’antiquité appelaient Carbuncolorum toutes les pierres rouges écarlates brillantes : ce qui veut dire « petit charbon ardent ». A l’époque on ne savait pas faire vraiment la différence entre le rubis, le spinelle rouge (qu’on appelle aussi rubis balais), la tourmaline (rubis de Sibérie), le grenat pyrope, le grenat almandin, le grenat hyacinthe ou la fluorite rouge ou encore la topaze rose orangé. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle quand on saura la distinguer qu’on appellera cette gemme « rubis » en référence au latin « Ruber » qui signifie « rouge ». Auparavant seule la brillance de la gemme incitait à déterminer une différence de valeurs et la dureté du rubis décourageait l’utilisation en intaille ou en camée car la gemme se révélait trop dure sans que l’on sache vraiment pourquoi. Au Moyen Age le nom évolue encore on les appelle « carboncle », « charboncle » ou encore « escarboucles ». Les gemmes rouges sont chargées de multiples pouvoirs, on pense que les dragons et les chimères les portent sur le front pour trouver leur chemin, que si les gemmes sont entachées ou changent de couleur c’est signe de l’arrivée d’un malheur. Bref les gemmes rouges protègent. Elles deviennent très précieuses car le feu et le sang sont symboles de courage et d’ardeur et ce sont justement les qualités que l’on demande aux chevaliers. Alors les chevaliers les portent sur leurs heaumes pour se protéger des blessures et des maladies. Aussi rapidement le rubis devient-il un apanage royal. Malheureusement comme on ne sait pas distinguer le rubis du spinelle, certaines gemmes royales considérées comme rubis sont aujourd’hui acertainées comme des spinelles. Par exemple le « rubis du prince noir » qui est au centre de la couronne britannique est un spinelle. Son histoire remonte à 1362 quand Pierre 1er de Castille la prend comme souvenir après avoir tué Abu Saïd un prince maure. Puis Pierre 1er est chassé de son trône et demande l’aide d’Edouard de Woodstock. Celui-ci est en fait Édouard Plantagenêt, Prince d’Aquitaine, Prince de Galles, Duc de Cornouailles et Comte de Chester. C’est le fils d’Edouard III à l’époque où le royaume britannique détient une grande partie de la France (notamment Bordeaux et la Gascogne). Et on le surnomme le prince Noir soit en référence à la couleur de son armure soit, dit-on, à celle de son âme. Comme Pierre 1er ne peut dédommager Edouard, il lui offre la flamboyante gemme de 170 carats qui sera portée par la suite par le roi d’Angleterre Henri V à la bataille d’Azincourt en 1415 où les français sont battus à plate couture. Puis Richard III porte le rubis du prince noir à la Bataille de Bosworth en 1485 avant qu’elle soit montée sur la couronne de Jacques 1er puis de Victoria en 1838 et de George VI en 1937. Cette gemme en octaèdre non taillée est toujours aujourd’hui sur la couronne britannique et portée par Elisabeth II pour l’ouverture du Parlement, mais on sait maintenant que c’est un spinelle. En France également la confusion entre rubis et spinelle est historique. En 1530 Charles VII épouse la duchesse Anne de Bretagne. Elle apporte en dot sa région, sa marine et ses bijoux. Le plus beau est le « Cote de Bretagne », un rubis à 3 pointes de 206 carats hérité de sa mère Marguerite de Foix. Elle le transmet à sa fille Claude de France pour son mariage avec François 1er. Alors quand François 1er décide de créer les Joyaux de la couronne de France comme bien inaliénable de son royaume il y met naturellement cette splendide gemme. Henri III met en gage les joyaux de la couronne pour financer les guerres de religion sauf le Cote de Bretagne. Plus tard Louis XV demande à Jacqmin, Joaillier et « Garde des pierreries du roi » de créer un insigne pour l’Ordre de la Toison d’or et le Cote de Bretagne est retaillé dans sa forme de dragon par Jacques Guay en 1750 et serti au dessus du fameux diamant bleu de France de Louis XIV qui deviendra le diamant maudit le Hope. On perd la trace du Cote de Bretagne au moment du vol du Garde Meuble de la Couronne après la révolution et il ne réapparait qu’après la chute de Napoléon avec le retour des Bourbon au pouvoir. C’est le seul gemme qui nous est parvenu des premiers Joyaux de la couronne et il est aujourd’hui au Louvre à la Galerie Apollon mais on sait maintenant que ce rubis fameux est en fait un spinelle. A contrario dans la couronne de Saint Wenceslas, le rubis central est bien un rubis. Cette couronne est à l’origine créée pour le sacre de Charles IV, roi de Bohème et empereur romano-germanique. Le roi la commande en 1346 pour son couronnement et la destine à orner par la suite le reliquaire du crâne du saint roi Wenceslas, le saint patron des tchèques. Il souhaite qu’elle soit très luxueuse parce qu’il a été élevé en France et a pu apprécier le faste de la cour de France. En effet son père, l’allemand Jean de Luxembourg est en conflit ouvert avec sa mère, Élisabeth de Bohême qui est tchèque et il décide de soustraire son jeune fils à l'influence maternelle et l’envoie à la cour de son oncle par alliance et parrain, le roi de France Charles IV dit Charles le Bel, avant de lui faire épouser la française Blanche de Valois. C’est un roi cultivé qui parle couramment cinq langues : le latin, l'allemand, le tchèque, le français et l'italien. Il transforme son royaume tchèque en pole central du saint empire à la fois administrativement mais aussi artistiquement en faisant venir à Prague les meilleurs artistes et il initie le premier Age d’or de la Bohême. La couronne Saint Wenceslas est donc couverte d’une large partie des joyaux de la couronne de bohême. Elle comporte 19 saphirs, 30 émeraudes, 20 perles, 44 spinelles. Et il y a bien en pierre centrale un extraordinaire rubis oriental, non taillé de 250 carats. Aujourd’hui, la couronne existe encore et est gardée à la Cathédrale Saint-Guy de Prague. Pour accéder au trésor, les sept clés confiées à sept hauts responsables de l’État et de l’Église doivent être réunies. Mais on peut en admirer une copie au Château de Prague. Le rubis fascine et est à l’origine de nombre de légendes. En Birmanie d’où viennent les rubis mythiques, les légendes célèbrent cette gemme et lui prêtent des vertus fabuleuses. On raconte qu’il y a très longtemps, si longtemps que Bouddha n’était pas encore venu visiter la terre, la nature était toute entière livrée aux bêtes sauvages et survolée sans cesse par des oiseaux de proie. Un jour, un aigle, qui est l’empereur des oiseaux et celui-ci était le plus grand parmi les siens, était à la recherche de nourriture. Son vol majestueux l’amène à survoler le versant d'une montage où il aperçoit un énorme quartier de viande tellement fraîche que le sang d'un rouge éclatant parait briller. Bien sûr il fait des cercles au dessus de sa proie avant de fondre en piqué dessus, pour l’agripper dans ses serres et l’emmener dans son nid. Or malgré toute sa force prodigieuse, il n’arrive pas à la soulever. Alors l’aigle comprend que la nourriture est une pierre et que cette pierre est la fille du feu et du sang de la terre. Cette pierre était un rubis et le lieu magique de cette découverte avait pour nom « Mogok ». Plus tard, alors qu’on avait pris l’habitude des cadeaux de la terre et que les rubis étaient extraits régulièrement de la vallée de Mogok, le roi birman décréta que tous les rubis d’une taille importante seraient sa propriété exclusive. Le paysan Nga Mauk, trouve une pierre extraordinaire de plus de 500 carats. Il coupa la pierre en deux, en donne la moitié au roi birman et vend l’autre moitié à un empereur de Chine. Mais quand ce dernier est chassé de son pays, il demande l’asile au roi birman et lui offre le rubis en paiement. Le roi birman voit bien que les 2 gemmes forment une seule pierre alors il ordonne que Nga Mauk soit tué et sa famille brûlée vive. La sœur de Nga Mauk arrive à se sauver et avant de mourir de chagrin lance une malédiction sur la vallée en prédisant que la terre cesserait de produire des pierres précieuses. Aujourd’hui les mines de rubis de Mogok sont réellement taries. Entre ces 2 légendes, les guerriers birmans portaient les rubis pour devenir invincibles au combat et pour cela ils inséraient les rubis sous la peau. Car la couleur rouge du rubis était associée au sang qui alimente le cœur c’est-à-dire le courage et au feu qui implique l’ardeur au combat. En Inde, le rubis est appelé du nom sanskrit « ratnaraj » qui signifie « roi des pierres précieuses » ou « Ratnanayaka » qui veut dire « chef des pierres précieuses » car sa couleur indique un feu interne qui ne peut être éteint. Si on offre un rubis au dieu Krishna, on s’assure une réincarnation en puissant empereur. Et si on veut faire une offrande aux dieux indous on peut apporter des pierres précieuses pour constituer l’arbre sacré dont les rubis sont les fruits. Cette offrande magique s’appelle le Mani Mala. Les guerriers chinois, eux aussi, croyaient aux vertus protectrices du rubis. Dès 200 avant JC, ils en achetaient sur la Route de la Soie pour les placer sur leur épée. On raconte que l’empereur Kublai Khan aurait offert une ville entière en échange d’un seul rubis. En Orient, le rubis est aussi un symbole important de la religion islamique. Dans le Coran, il est écrit « Dieu envoya une maison de rubis à Adam. Elle prit place à l’endroit appelée la Kaaba au sein de la Mosquée Sacrée de la Mecque. Une pierre blanche et brillante y fut déposée de sorte que cette maison éclatante puisse être visible de partout. Adam la visita et constata que tous les lieux où il posait le pied devenaient florissants et se couvraient d’eaux courantes et de verdure ». Le rubis est alors étroitement lié à la création de l’homme. C’est pourquoi les souverains orientaux recherchent les rubis. Marco Polo racontait que Sendemain, le roi de Ceylan possédait le plus beau et le plus gros des rubis, long comme une paume et gros comme le bras d’un homme, vermeil comme le feu et sans aucune taches. Quand au roi du Siam, il possédait une escarboucle si grande qu’elle éclairait toute sa chambre. Et au XIIIe siècle à Bagdad, le calife Mostanser Billah de la dynastie des Abbâssides possédait « un paon d’or au plumage enrichi de pierres précieuses et aux yeux de rubis, un coq à la crête et au regard de rubis, un œuf de rubis de la plus belle eau… ». Malheureusement, il perd le combat contre les turcs et doit leur laisser tous ses trésors. Pour les chrétiens, Le rubis a également une très longue histoire. Il est même mentionné quatre fois dans la Bible: Dieu aurait créé 12 pierres dont la plus précieuse aurait été le rubis. Ces douze pierres créées par dieu étaient placées sur le plastron d’Aaron au niveau du cou. Par ailleurs, le rubis symbolise le sang du christ. Alors le rubis est la pierre des bagues des cardinaux jusqu’au concile œcuménique du Vatican II. Aujourd’hui, il est communément admis que le rubis est la pierre qui symbolise les 35 ans de mariage et c’est aussi la pierre de naissance des natifs du mois de Juillet. Au-delà de cette symbolique, le rubis est bien sûr chargé de vertu prophylactique. Dans l’Europe médiévale, le rubis est utilisé comme talisman et même médicament contre la peste. Au XVIe, Jean de Renou, médecin d’Henri II, Henri III puis Henri IV indique dans l’un de ses ouvrages médicaux que « le rubis est grandement cordial et qui plus est, résiste puissamment à toutes pourritures et venins ». A peine un siècle plus tard, la croyance dure toujours et d’ailleurs le rubis de Madame de Montespan est célèbre. Elle est née Françoise de Rochechouart de Mortemart, le 5 octobre 1640 à Lussac-Les-Châteaux et épouse Louis-Henry de Pardaillan de Gondrin en 1663 qui lui donne le titre de Marquise de Montespan. Elle devient la favorite de Louis XIV, se fait appelée Athénaïs, lui donne 7 enfants et contribue au développement du luxe en créant autour d’elle une cour brillante et en protégeant notamment Molière et la Fontaine. On n’oublie pas qu’on accusait Madame de Montespan d’utiliser la sorcellerie et qu’elle est impliquée dans l’affaire des poisons où elle a été suspectée d’avoir donner des charmes à Louis XIV à son insu. Elle possédait un rubis sculpté de la couleur mythique « sang de pigeon » qui représentait son visage et qu’elle portait en bague. Le bijou est actuellement au British Muséum de Londres. Aujourd’hui en lithothérapie on pense que le rubis régule les problèmes liés au système sanguin et au cœur et qu’il aurait le pouvoir d’apaiser la colère et l’anxiété. Il favoriserait donc la joie de vivre et la confiance en soi, éloignerait les cauchemars et préserverait de la contagion. Au cours du temps les symboles évoluent, par exemple le cœur que l’on estimait être le siège du courage au Moyen Age est aujourd’hui toujours lié à la passion, mais à la passion amoureuse. Aussi le rubis est considéré comme une gemme de déclaration d’amour passionné. L’éternelle amoureuse Liz Taylor a été couverte de joyaux et de rubis par ses amoureux. En 1957, son époux Mike Todd lui fait la surprise de lui offrir à la sortie de sa piscine une magnifique parure Cartier en rubis et diamants. Et en 1968, c’est Richard Burton qui accroche son cœur avec une bague rubis Van Cleef & Arpels dissimulée au fond de sa chaussette de Noël. Le rubis était aussi la pierre préférée de la cantatrice passionnée Maria Callas, pour qui Jacques Arpels crée en 1967 le célèbre clip Fleur, en diamants avec des rubis taille coussin de plus de 15 carats. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plu envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. 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  14. Il était une fois les joyaux contemporains de Philip Sajet J’avais envie de vous parler du bijou contemporain mais c’est une conception large, avec autant de définitions que de spécialistes. Alors je vous propose la vision d’un artiste, Philip Sajet,... Il était une fois les joyaux contemporains de Philip Sajet J’avais envie de vous parler du bijou contemporain mais c’est une conception large, avec autant de définitions que de spécialistes. Alors je vous propose la vision d’un artiste, Philip Sajet, un orfèvre joaillier né à Amsterdam et dont les œuvres sont présentes dans d’importantes collections publiques à Amsterdam, Londres, Munich, Boston et aux Arts décoratifs à Paris. J’ai eu la chance de le rencontrer à la Galerie Elsa Vanier et voici notre entretien : Si vous avez envie de voir les œuvres de Philip Sajet il expose avec Violeta Adomaityté jusqu’au 25 juillet à la Galerie Elsa Vanier à Paris. Vous pouvez aussi voir des visuels sur les réseaux sociaux d’il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
  15. Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt La date et le lieu de naissance, ses... Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir. Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains ! En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre. Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier. Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec. Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume. Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux. Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris. En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or, émail, rubis, diamant et perle En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs. Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura. Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles. Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable. Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous. A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir. Site Twitter Facebook Instagram LinkedIn
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